Le MEEDDM confond risque et danger

Le MEEDDM (Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer) vient de lancer un nouveau site internet : www.jardiner-autrement.gouv.fr.

Il s’agit bien entendu de prêcher la bonne parole aux jardiniers du dimanche. Après tout, les agriculteurs sont plus que souvent accusés d’être les premiers pollueurs de la planète (sauf les bio qui n’utilisent pas de pesticides comme chacun sait alors qu’ils en utilisent autant que les agriculteurs conventionnels. La différence est qu’en agriculture biologique, seuls les pesticides d’origine naturelle et non chimique sont autorisés, laissant ainsi croire que tout ce qui est naturel est bon et sans danger. La réalité est tout de même un petit peu plus complexe).

Or, les jardiniers du dimanche sont de grands consommateurs de produits phytosanitaires, de désherbants… Car si certains d’entre eux achètent du bio, ils utilisent bien souvent des doses trop importantes… sans jamais le reconnaître…

L’initiative du MEEDDM arriverait donc à point nommer. Sauf que la confusion règne en maître absolu sur le nouveau site ministériel où on retrouve alternativement les termes risques et dangers utilisés en tant que synonymes.

Prenons un exemple. Boire 10 litres de whisky est très dangereux. Mortel, même. Le whisky est donc un produit dangereux puisque le risque dépend de son utilisation. Autre exemple, l’électricité est dangereuse puisqu’on peut être électrocuté. Mais tout dépend là encore de son utilisation qui peut ne présenter qu’un risque très limité proche du risque zéro qui n’existe jamais, nulle part.

Ainsi en est-il avec les fameux pesticides, qu’ils soient bio ou chimique. Les molécules présentes dans ces produits en font  des produits dangereux. Mais le risque peut être apprécié en fonction de l’utilisation qui en est faite.

Entretenir l’ambiguïté sur la définition de ces termes ne peut malheureusement qu’entraîner une confusion dans les esprits et contribue à alimenter des peurs pas toujours bien fondées…

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Commentaire
  1. Laurent Berthod