Les écologistes ne sont pas canardés

On s’empresse souvent de lire Les dossiers du Canard enchaîné, à l’affût de révélations et d’informations que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Le dernier dossier est consacré aux « profiteurs du bizness écolo », un thème prometteur. Hélas, la déception est grande. En effet, les « commissaires Magret » du Canard nous « apprennent » que Sarkozy, Jouanno et NKM sont des opportunistes, « révèlent » que les entreprises font du greenwashing et ont « découvert » que Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand avaient un bilan carbone pas très écolo. Ouaah, des scoops qui décoiffent ! On peut aussi regretter la complaisance des portraits de Cohn-Bendit, Mamère, Duflot, Voynet et Waechter (pas un mot sur son amitié avec le sulfureux Jean Brière !, voir ici). Bon, Corinne Lepage est épinglée pour avoir défendu en tant qu’avocate des clients opposés à des associations écologistes, le filon bio de la grande distribution est dénoncé, etc., mais, entre nous, tout ça sent le réchauffé et se trouve bien en dessous de la qualité des articles du journal La décroissance qui épingle régulièrement les écotartufes en tous genres.

Parlant de « bizness écolo », on ne peut être que surpris de voir qu’il n’y a pas un mot des journalistes du Canard sur les deux principales multinationales écologistes : le WWF (447 millions d’euros de recettes en 2008) et Greenpeace (202 millions d’euros de recettes en 2008). Pourtant, il y a de quoi investiguer, par exemple, sur le WWF avec la liste de ses dirigeants tout droit sortie du Bottin mondain, comme nous l’avons fait dans différents billets (voir ici ou ). De même pour Greenpeace, il y a aussi des choses à se mettre sous la plume (voir ici ou ). Sans parler du rôle de certaines fondations dans le financement du lobby vert, tel que nous l’avons décrit il y a quelque temps (voir ici). Rien non plus sur les associations sous perfusion de financements publics comme les Amis de la Terre (à hauteur de 45% de subventions publiques, voir ici) et France Nature Environnement (60% de deniers publics)… Pas grand-chose également à propos de Corinne Lepage, alors qu’elle cultive un mélange des genres bizness-militantisme pour le moins ambigu (voir ici).

A voir ce dossier un peu léger, on peut se demander si finalement le Canard n’a pas succombé, lui aussi, aux sirènes du bizness écolo. Car côté marketing, sortir un dossier sur un thème pareil en pleine vague verte, ça fait du sens. A moins que Jean-Luc Porquet, le spécialiste de l’environnement au Canard et grand admirateur de Jacques Ellul (référence essentielle de Bové, Mamère, etc.), ait demandé à ses collègues de ménager ses amis écolos…

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  1. JG2433