Pollution des eaux : changer les pratiques des femmes ?

Le 17 mai dernier, France 3 a diffusé une enquête très anxiogène intitulée « Du poison dans l’eau du robinet ». Parmi ces poisons figurent les pesticides et les résidus de médicaments. Or, ce qui est surprenant, c’est la différence de traitement par le reportage de ces deux sujets.

En ce qui concerne les pesticides la journaliste investigatrice interpelle un maire d’une commune rurale en lui lançant : « Les agriculteurs sont quand même responsables en partie de ces taux élevés en pesticides et nitrates dans l’eau quand même ! » Elle explique aussi qu’en Eure-et-Loir, par exemple, « l’agriculture a depuis longtemps contaminé les réserves d’eau ». Le message est clair : les responsables sont les agriculteurs qui doivent donc changer leurs pratiques et utiliser moins (voire pas du tout) de produits chimiques.

Or pour les résidus de médicament, le discours est tout autre : aucune exigence de diminuer la consommation alors que la France est championne en usage de médicaments. Alors que la journaliste mentionne avec raison des « hormones féminines, comme la pilule contraceptive, très présentes dans la Seine » et qui auraient un impact sur l’environnement, elle n’évoque pas la possibilité d’une remise en cause de « certaines pratiques ». Pas de phrases de type : « Les 45% de femmes en France qui utilisent la pilule sont quand même responsables en partie de ces taux élevés en hormones féminines dans l’eau quand même ! »

Elle aurait pu pourtant mentionner les « alternatives naturelles » à la contraception chimique. Voire proposer une Semaine pour les alternatives à la pilule, à l’instar de la Semaine pour les alternatives aux pesticides organisée chaque année par François Veillerette, porte-parole du MDRGF et responsable du Réseau Environnement Santé. Elle aurait pu suggérer l’usage des méthodes contraceptives douces, comme la méthode thermique respectueuse des cycles naturels de la femme, la contraception mécanique plutôt que chimique, la contraception intégrée ou, encore mieux, l’abstinence qui – avec la décroissance – consacrerait un véritable changement de comportement sociétal.

Enfin, la journaliste aurait pu donner la parole à la nouvelle patronne du MDRGF, Maria Pelletier, qui, on l’espère, va bientôt militer pour « une réduction de 50% de l’utilisation de la pilule en 10 ans », afin d’éviter la disparition des poissons qui « se féminisent en partie à cause des hormones féminines »…

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
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  3. Berthod
  4. Laurent Berthod
  5. Sylvie RG