Zones d’ombres et paradoxes de Corinne Lepage

Suite à l’article du Canard Enchaîné l’égratignant, Corinne Lepage n’a pas perdu de temps pour répondre de façon factuelle aux « contre-vérités et approximations ». Nous laissons le soin au journaliste David Fontaine, auteur de l’article en question, de répondre aux réponses de Corinne Lepage, s’il le juge opportun. Pour notre part, il semble que la présidente de CAP 21 joue aussi avec les approximations concernant ses « 2.500 membres ». En effet, selon la Publication générale des comptes des partis et groupements politiques, CAP 21 a reçu 14.000 euros de cotisations en 2006, 14.599 euros en 2007 et 19.023 euros en 2008. Avec une cotisation individuelle à 25 euros (membre actif) ou 5 euros (étudiants et chômeurs), la taille de CAP 21 serait apparemment plus modeste que celle annoncée par Corinne Lepage. Mais ne chipotons pas, l’essentiel n’est pas dans ces broutilles.

C’est quoi l’essentiel ? Corinne Lepage s’est faite le chantre de l’indépendance et de la transparence, au point d’être au conseil d’administration de Transparence Internationale. Sur son blog, elle a même une rubrique « en toute transparence » dans laquelle elle donne en détails sa rémunération d’eurodéputée pour l’année 2009. Elle est aussi engagée contre la corruption, siégeant au CA de l’association Anticor. C’est au regard de tous ces engagements que l’on peut s’interroger sur certaines zones d’ombres et paradoxes de Corinne Lepage.

D’abord au sujet du partenariat entre le Cabinet Huglo-Lepage et la société de conseil Ineum Consulting. Elle affirme que « le cabinet Huglo-Lepage n’a aucune convention avec la société de conseil Ineum » et qu’elle n’a personnellement « effectué aucune prestation avec cette société ». Très bien. N’empêche que le cabinet d’avocats qu’elle dirige avec son mari est disposé à faire des prestations avec Ineum Consulting, et en a peut-être déjà réalisées. Il ne faut pas être un grand expert pour comprendre le risque de conflits d’intérêts entre l’eurodéputée et les clients d’Ineum Consulting pour lesquels son cabinet d’avocats pourrait travailler.

Ensuite, il nous apparaît paradoxal de voir Corinne Lepage être payées par la Principauté de Monaco afin de rédiger leur Code de l’environnement et, dans le même temps, siéger au conseil d’administration de deux ONG – Anticor et Transparence Internationale – censées lutter contre les paradis fiscaux.

En outre, l’opacité financière du CRIIGEN, l’association anti-OGM présidée par Corinne Lepage, est en contradiction avec les valeurs de transparence mises en avant par Corinne Lepage. Or le CRIIGEN ne vit pas que des cotisations de ses membres, mais aussi de prestations effectuées notamment par Gilles-Eric Séralini pour des entreprises, ONG, syndicats, etc. Là aussi, il pourrait y avoir, indirectement, conflit d’intérêt avec son poste de 1ère Vice-présidente de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire.

Enfin, il n’est pas très sain de voir que les bureaux professionnels de Corinne Lepage soient aussi le siège social de son parti politique CAP 21 et celui du CRIIGEN, par ailleurs décrit comme « apolitique et non-militant » sur son site ! Disons que cela ne contribue pas à la transparence tant vantée par l’ancienne ministre de l’Environnement…

Sources

http://www.corinnelepage.eu/Elements-de-reponse-aux-contre-verites-et-approximations-de-l-article-du-Canard-Enchaine_a244.html

http://www.criigen.org/content/blogcategory/55/106/

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