Europe Ecologie : mythe ou réalité électorale ?

On a parfois l’impression, en écoutant les candidats et les journalistes analyser les résultats du 1er tour des élections régionales que le score d’Europe Ecologie confirme la volonté des Français de voir une formation verte s’imposer « durablement » dans le paysage politique. Daniel Cohn n’a pas hésité dès dimanche soir à se montrer très offensif vis à vis du PS dans l’optique des négociations dirigées par Jean-Vincent Placé.

Alors d’où viennent ces électeurs d’Europe Ecologie ? Si la région Ile de France et la région Rhône Alpes sont les premières régions en terme de voix (1/3 des suffrages d’Europe Ecologie au niveau national dimanche dernier), cela confirme en partie que le vote Europe Ecologie est un vote urbain et sans doute un peu bobo. Mais au-delà de la définition de l’électorat écolo, intéressons nous à ce qu’il représente. On a pu voir lors des deux derniers scrutins que lorsque l’abstention est forte, cela profite à Europe Ecologie. Souvenez vous des Européennes 2009 : 59.37% d’abstention et 16.28% des suffrages exprimés pour Europe Ecologie, soit 2.803.759 voix. Idem dimanche dernier avec toutefois une perte d’électeurs : 53.64% d’abstention et 12.18% des suffrages exprimés pour Europe Ecologie, soit 2.372.340 voix.

Alors que la fusion des liste PS / Europe Ecologie est effective dans la quasi totalité des régions à l’exception de la Bretagne, quel est le poids réel d’Europe Ecologie. Et bien, il n’est peut-être pas si important qu’il en a l’air ni que ses représentants (Cohn Bendit, Duflot and co.) cherchent à nous le faire croire. Remontons à 2002. Cette année-là, lors de l’élection présidentielle, les liste de Corinne Lepage (alors clairement identifiée écologiste) et de Noël Mamère totalisent 2.031.561 voix. On n’est pas si loin des 2.372.340 voix obtenus dimanche dernier par Europe Ecologie. Certe la participation était plus importante, mais on a vu précédemment que l’électorat d’Europe Ecologie est particulièrement fidèle à son devoir civique.

Et si Europe Ecologie n’était qu’un habillage marketing réussi ? Et si cette alliance de people (Bové, Joly, Dany, Augustin Legrand, Lion…), de vert et de gauche était un remake de la mode orange de 2007 qui comme toute les modes est passée et a conduit à le Modem à plafonner à 4% des suffrages au 1er tour de ces régionales ?

D’ailleurs, Daniel Cohn Bendit l’a bien compris. Il déclarait hier dans l’Express, « désormais, on joue en première division. On ne peut pas continuer à fonctionner avec des structures du siècle dernier, continuer à gérer 2 millions d’électeurs comme on a géré quelques milliers d’adhérents ». Et le vieux renard franco-allemand met la pression sur les Verts : « Si rien ne change, la suite se fera sans moi. Je sauterai du vélo avant la chute, je déteste tomber! » Le vieux Dany a déjà en tête 2012. Il sait que ni lui ni aucun autre candidat Vert ne pourra s’imposer (il est parfois lucide !) aussi sa stratégie est de négocier avec le PS un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale. Le soufflet d’Europe Ecologie va-t-il retomber ou tout du moins son socle électoral se maintiendra-t-il entre 2 et 2.5 millions d’électeurs? Bien malin qui pourra le dire. Cela va être fonction de nombreux paramètres et en premier lieu de la politique de Nicolas Sarkozy qui semble déterminé à ne rien changer et à poursuivre sa politique écologiste dans le but de récupérer quelques voix des bobos. Xavier Bertrand ne déclarait-il pas ce matin dans le Figaro, « quand on a voté Europe Écologie au premier tour, on n’est pas condamné à voter avec la gauche et l’extrême gauche au second. » Le syndrome de Rambouillet ne s’est manifestement pas encore éloigné et certains conseillers du Château ou de la Rue de la Boetie (siège de l’UMP) font fausse route en allant à la pêche aux voix de bobos…

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Commentaires
  1. Cecile Duflou
  2. rageous