Elections : Le négociateur de l’ombre

Cécile Duflot, celle qui affirmait dans VSD (14 février 2007) « Petite, je voulais être majorette », qui a selon elle « le charisme d’une huitre » (Le Nouvel Obs, 27 août 2009), que la rédaction du Point qualifiait en avril 2006 de « Ségolène Royal verte » est au premier plan dans cet entre-deux tours des élections régionales. Particulièrement dans la période actuelle de négociation d’un accord électoral entre Europe Ecologie et le PS. Avant de vivre avec Xavier Cantat, Cécile Duflot a longuement vécu (suite à un premier divorce) avec… Jean-Vincent Placé qui fait la une des médias depuis lundi dans le cadre des négociations Europe Ecologie / PS en vue du deuxième tour. Ce dernier est plutôt peu connu en dehors des Verts mais n’en est pas moins tout sauf un novice en politique. Après avoir milité à l’Unef (syndicat étudiant de gauche) et au PS (à Caen), il entre en politique en tant qu’assistant parlementaire de Michel Crépeau et adhère ainsi au Mouvement des Radicaux de Gauche dans les années 80. En 1999, à la mort de Michel Crépeau, il sent que la concurrence au MRG sera rude pour lui. Il cherche alors le bon filon et va frapper à la porte de Noël Mamère. Sans succès. Un proche du député Vert confiera au Monde en mai 2008 à propos de Jean-Vincent Placé : « Avec ses habitudes de conciliabules dans les couloirs, de bonnes bouffes de «rad-soc», c’était un ovni pour nous ! » C’est finalement Jean Desessart qui l’accueille. A l’époque Jean Desessard est membre des Verts et cumule de nombreux engagements associatifs-militants. il deviendra élu au Conseil de Paris en 2001 puis sénateur depuis 2004. Mais revenons à Jean-Vincent Placé qui au début des années 2000 se retrouve à la tête du Cedis (Centre d’études et de développement pour les élus écologistes et solidaires) qui est selon Le Monde « une réserve de subventions utile mais qui vivote ». Jean-Vincent Placé est écolo façon Sarkozy, c’est à dire sans aucune conviction. Pour lui, la carrière passe avant tout comme le précise Le Monde ; « Louvoyant entre toutes les sensibilités, il se fait élire deux ans plus tard comme tête de liste parisienne aux régionales. Puis à la tête du groupe qu’il parvient à imposer dans les négociations au conseil régional d’Ile-de-France ». Il se lie d’amitié avec Jean-Paul Huchon et Julien Dray et rêve même en fin de soirées arrosées de fonder un club baptisé « Alcool, femmes et politiques ».

Plus sérieusement, Jean-Vincent Placé poursuit son entrisme dans la maison verte en de fixant alors comme objectif de placer sa compagne d’alors, une certaine Cécile Duflot, à la tête du parti. Mission accomplie au congrès de Bordeaux en 2006. Il se lâche alors auprès de Bruno le Roux, député du PS, « T’as vu qui est secrétaire nationale ? Ma meuf ! C’est moi le patron maintenant. » Mais si la mission est accomplie, sa popularité personnelle n’est pas au zénith, ni auprès de Noël Mamère (« Je n’ai pas envie de parler de lui »), ni auprès de Denis Baupin ou d’une autre élue verte qui « ne se repère pas dans sa manière de faire de la politique ». Déjà à l’époque il souhaitait « maintenir les Verts à gauche » en dehors du PS. On comprend alors beaucoup mieux les quiproquos dans l’annonce des résultats des négociation Europe Ecologie / PS depuis hier soir. Car c’est bien jean-Vincent Placé (puis Cécile Duflot) qui a (ont) à plusieurs reprises infirmé l’existence d’un accord électoral pour le 21 mars prochain annoncé par le PS.

Au pays Vert, chacun joue sa carte… personnelle. Cécile et son ex-compagnon ne font pas exception à la règle. Va-t-on revivre une nouvelle histoire à la manière de Ségolène Royal et François Hollande ? Début de réponse dimanche soir…

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
  2. Laurent Berthod
  3. pecqror
  4. kelenborn