« Les écolos attendaient mieux »

Le titre du Parisien ce matin résume bien le résultat du 1er tour des élections régionales pour les listes d’Europe Ecologie. Avec 12.18% des suffrages exprimés, Europe Ecologie a rassemblé 2 372 340 électeurs, soit 431.419 électeurs de moins qu’aux élections européennes de 2009. Cela n’empêche pas Cécile Duflot d’affirmer qu’« en termes de nombres d’électeurs, notre score correspond à celui des européennes ». Pas tout à fait.

Hier soir, sur les plateaux de télévision, il était difficile d’échapper à Daniel Cohn Bendit présent successivement sur TF1, France 2, France 3 et les chaines d’informations continues. Dany et ses amis n’ont pas ménagé leur peine pour affirmer que c’était une victoire pour Europe Ecologie. Certes, le bon score des Européennes n’est pas retombé, mais l’essai n’en est pas moins non transformé. Aucune personnalité politique, ni aucun journaliste n’ont souligné qu’Europe Ecologie ne passe la barre des 10% que dans 12 régions métropolitaine sur 22, soit une situation identique à celle du Front National. En termes de rapport de forces, et ce malgré la forte abstention, Europe Ecologie est bien la troisième force politique du pays, mais très loin derrière le PS, l’UMP et tout juste devant le Front National qui n’a rassemblé qu’un peu moins de 150.000 électeurs de moins que les écologistes.

Autre enseignement à propos du vote Vert, il reste fortement urbain. Ainsi, Paris et l’Ile de France, Lille, Lyon et Nantes sont des places fortes des écologistes. Ces derniers rencontrent en revanche des résultats décevants dans des départements ruraux (Vosges, Aube, Allier, Corrèze, Creuse, Somme, Meuse, Aude, Landes, Cantal, Ardennes) où les listes d’Europe Ecologie restent nettement en dessous des 10 % des suffrages.

A la faveur d’une forte abstention, Europe Ecologie reste dans la course et s’installe dans le paysage politique et électoral français. Si les listes écologistes ont rassemblé moins d’électeurs qu’en 2009, elles bénéficient sans doute de l’effet de mode « Environnement » encouragé par l’UMP. Daniel Cohn Bendit feint de ne pas voir les limites de son mouvement en affirmant que « le PS a compris le message, il ne peut y avoir d’alternance en 2012 sans un rapprochement avec Europe Ecologie ». Pour les dirigeants de la Rue de Solférino, il faudra analyser en détail les résultats car une alliance avec le seul front de Gauche devrait permettre au PS d’être en position de force dans la plupart des régions. Le soutien d’Europe Ecologie au PS est semble-t-il davantage vital pour les écologistes que les socialistes. C’est à ce jour l’unique chance pour les écologistes de siéger dans les conseils régionaux. Le PS est donc en position de force pour les négociations qui devront quoi qu’il arrive s’achever demain à 18h00 (date limite pour le dépôt des listes en préfecture).

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