Lobbies : des politiques sous influence

C’est le titre d’un dossier publié dans le dernier numéro de Témoignage Chrétien consacré au lobbying. La journaliste Stéphanie Frank passe en revue les opérations d’influence menées par les industriels, forcément guidés par de mauvaises intensions. Le propos commence d’ailleurs avec l’action des Producteurs de raisins de table condamnés après avoir attaqué le MDRGF. Rappelons que l’association de François Veillerette avait publié fin 2008 une étude montrant que 100% des raisins de tables vendus en France contenaient des résidus de pesticides. L’affaire est présenté par Témoignage Chrétien comme une action de lobbying des producteurs de raisins. Le MDRGF a réussit à inverser la situation et à adopter la confortable posture de la victime. Car après tout, c’est bien le MDRGF qui a attaqué en publiant cette étude. Et cette publication était intégrée dans la stratégie de l’association et dans son lobbying quotidien contre les pesticides. Mais cela n’empêche pas Corinne Lepage, avocate du MDRGF de jouer à fond la carte de la victimisation : « ce procès était une manœuvre d’intimidation, une incitation à ne pas dire ce qui pourrait gêner des intérêts économiques. » Quel aplomb !


La suite du dossier de Témoignage Chrétien aborde bien entendu la place des ONG dans les schémas de lobbying et de communication d’influence, aussi bien en France qu’à Bruxelles. Stéphanie Frank rapporte ainsi les conclusions d’une étude sur les 15.000 lobbyistes de Bruxelles répartis entre ceux qui agissent pour les « intérêts » industriels (70%), les « intérêts » des villes, régions et institutions internationales (20%) et les ONG (10%). On notera avec attention que le terme « intérêt » n’est pas attribué aux lobbyistes des ONG. Sans doute est-il trop péjoratif…


A propos de ces ONG, Stéphanie Frank estime que leurs moyens sont fortement limités. « Au moment de la phase stratégique de l’élaboration des lois qui découlent du Grenelle la plupart des associations n’ont plus les moyens matériels et humains de maintenir la pression sur les parlementaires. » C’est ce que confirme Mark Breddy, du Bureau européen de Greenpeace. « C’est vrai, nous sommes confrontés à des pouvoirs qui ont des ressources énormes. Les bureaux de Monsanto ou de BASF a Bruxelles ressemblent à des ambassades, avec des dizaines d’employés. Pendant la négociation des accords REACH sur les produits chimiques, les industries concernées ont pu faire travailler des centaines de personnes sur la question. Ici, nous n’avions qu’une seule personne pour suivre le dossier ». Des propos bien surprenant de la part d’un responsable Europe de Greenpeace. En juillet 2009, le journaliste Philippe Ricard affirmait dans Le Monde qu’« à deux pas de la Commission, Greenpeace emploie une quinzaine de personnes sur les seules questions européennes. » Cherchez l’erreur…

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Commentaires
  1. pecqror
  2. ME 51
  3. zygomar
  4. Reinruov
  5. zygomar