Ecolos-alters-troskos : le cas de la Friture à Toulouse

Centre de ville de Toulouse, local du magazine la Friture. Ici, on est MI-LI-TANT ! Et on ajoute des « e-s » à tous les mots. Histoire qu’on vous montre qu’on ne fait pas de discrimination. Des fois que nous ne comprendriez pas le français. On est donc « MILITANT-E-S ». Cette habitude linguistique ?  Elle vient des élections municipales de 2001 qui avaient vu la percée de la liste « motivé-e-s ». La Friture, c’est un lieu central. Au coeur de la ville rose. Un local type cave à vin. Sauf que le vin a été remplacé par des militant-e-s. Dommage.

La Friture ? C’est parce qu’il y a de la friture sur la ligne avec « le discours officiel » (comprenez « ceux d’en face » ). Du coup, on en a fait un magazine mensuel. 58 pages. ! S’cusez du peu. Il y en a des choses à raconter dans ce « média régional des possibles ». Tout joli, en couleur sur papier recyclé (l’inverse serait un comble). Et alors là, on y va franco sur la ligne éditoriale (franco, pas le général… ici, on est dans le camps des « no passaran »). On a préempté le mot « droit« . On aurait d’ailleurs dû le déposer à l’INPI ! « Droits de l’Homme, du salarié, des femmes, des sexes, au logement… » Tout ce qui peut aller avec, on est dessus. Tiens, il y a le terme « abolition » aussi. « Abolition  de la peine de mort, de l’esclavage »…. Sans oublier le mot » défense« . Pas nationale, on vous rassure. Mais « défense de l’environnement, des sans-papiers, des immigrés ». Il y a aussi « défense des homosexuels ». Les écolos côtoient les alters, les troskos et on soutient les militants gays. C’est important de soutenir la cause gay parce qu’on est inattaquable du coup. Celui qui nous en veut, il est forcement homophobe. Il y a aussi des apiculteurs. On les reconnait à leurs cheveux longs et à leurs barbes. Blanches pour les plus âgés. C’est le 3e âge ici ? Remarque, les cheveux longs, c’est inscrit dans le cahier des charges. Un peu comme dans les agences de pub. ça fait plus branché. Sauf que nous, c’est pour rappeler notre ancrage dans mai 68. C’est pour qu’on puisse dire à « ceux d’en face » que leurs idées sont aussi courtes que la longueur de leurs cheveux. Ce qui nous rassemble tous, c’est la liberté. Zut, le mot est impossible à déposer également. Faudra demander à José de changer ça maintenant qu’il est élu député européen. La liberté ? C’est ce qui nous meut. C’est pour ça qu’on a déboulé dans les champs de Claude Menara. Menara, c’est l’agriculteur du coin qui a osé faire du maïs OGM. Résultat, on lui a fait une ch’tite visite il y a quelques années. On lui a rasé son champ. ça lui apprendra à mieux comprendre la notion de liberté. Et « les autres d’en face » qui nous parlait de respect de la « propriété privée » : les ringards ! La priorité privée, poua. C’est ultra libéral.

Cette époque des fauchages d’OGM, ça me rend nostalgique. On avait un beau sujet mobilisateur. Faudra qu’on remette ça pour faire les pieds à la FNSEA et aux lobbies (oui, y en plein de lobbies qui fomentent des complots).

Bref, vous l’avez compris, on est de tous les combats ! En 2006, à son lancement, la Friture était tirée à 5 000 exemplaires. Dans l’Ours (pas celui qu’on essaie de réintroduire dans les Pyrénées), dans l’Ours du magazine donc, on est passé à 3 500 exemplaires aujourd’hui. D’accord, on a un peu baissé le tirage (juste-30%) mais ça montre qu’on a rencontré « un vrai public » comme on dit à Paris. Notre public. A propos de public, on remercie « ceux d’en face » qui soutiennent notre magazine à travers le fond social européen. Et oui, ils nous donnent un peu de sou. Merci également au Conseil Régional de Midi-Pyrénées qui nous prend des pages de publicité.  On veut bien partir en guerre contre tout ce qui représente de près ou de loin l’Institution mais pas touche aux subventions.

Faut bien que la Friture continue d’exister. Au nom de la sacro-sainte liberté d’expression. Grâce aux impôts des citoyen-n-e-s. Et à ceux de Menara.

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