Climat : faire dire et payer aux Français n’importe quoi

Copenhague, « la Global Conference 2009 » placée sous le haut-patronage du ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer Jean-Louis Borloo (mais pas du ministre de la culture et de la francophonie…) fait les affaires de Médiascopie.

L’Institut a réalisé une enquête pour l’association Les Ateliers de la Terre, qui lui permet de dresser la « carte mentale » des Français vis-à-vis du changement climatique. Dans leur communiqué de presse, ils appellent ça “les 100 mots de Copenhague et du changement climatique”. Et déduisent de ces nuages de mots placés sur des graphiques que « les défis » que sont « la protection de l’environnement, mais aussi l’abandon des archaïsmes (sic) économiques (capitalisme, finance mondiale) » pour “une croissance verte” (et non pour une décroissance, mot qui, selon l’étude, inquiète). Pour les solutions, « les Français prônent la coopération mondiale, mais aussi une mobilisation à tous les niveaux, jusqu’à l’individu ». Comment parler pour ne rien dire !

Dans le domaine de la mauvaise foi, il est difficile de faire pire : où voulez vous que les Français situent des mots comme « désertification », « pollution réserves eau douce » ou « malnutrition » ailleurs que dans les catégories « primordial » et « m’inquiète ». Comme si la malnutrition pouvait être secondaire et « me (rassurer) ». Je parle des Français d’en-bas car le sommet organisé par la FAO à Rome en novembre s’est clos « sans aucun engagement concret pour combattre la malnutrition infantile » si on en croit la branche canadienne de l’association Médecins sans frontières. Qui constate, impuissante, que « les chefs d’états du G8 n’ont pas fait le déplacement pour ce Sommet ». Que voulez-vous, sauver du CO2 la planète est plus « in »…

Là où ça devient comique, c’est quand Médiascopie fait dire aux Français que « le second coupable » du changement climatique est l’utilisation de pesticides et… les OGM !

Nous avons cherché à en savoir davantage et téléphoné à Médiascopie et aux Ateliers de la Terre.

Nous avons contacté Marielle Martinez qui travaille chez les premiers. Son accueil a été très froid. La somme dépensée pour cette enquête ? Montant « confidentiel » :

Et alors, nous répondrez-vous, il ne s’agit pas d’argent public puisque ça n’est pas le ministère qui l’a financé mais… Les Ateliers de la Terre ! Un bémol tout de même, le « partenaire officiel » de ce « think-tank » qui se proclame « indépendant » (« ils nous soutiennent depuis 3 ans déjà ») n’est autre que… l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) entre autres « partenaires stratégiques » et « partenaires events » issus du secteur privé. L’ADEME est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle conjointe des ministères en charge de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le Climat et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Le premier accorde d’ailleurs sur son site une large place à cette étude qu’il finance indirectement.

Donc la carte mentale des Français vis-à-vis du changement climatique a été financée au moins en partie par l’argent du contribuable. Les Ateliers de la Terre ont quant à eux refusé de répondre à nos questions. Militer pour « bâtir un monde plus éthique« , peut-être, mais pour plus de transparence, il n’y a plus personne au téléphone !

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
  2. Woody
  3. rageous
  4. rageous
  5. Laurent 2