« L’Huma » en vert et contre tous

« L’Huma » à la solde des écologistes

Gilles Mercier est chargé de recherche à l’INSERM, syndicaliste CGT et membre du Parti communiste Français. Ce « travailleur scientifique » dénonce depuis plusieurs années l’obscurantisme des « anti-OGM » comme Marie-Monique Robin et leur « opposition fondamentale à la technologie ».

Habitué de la rubrique « tribune libre » du quotidien L’Humanité (ici et par exemple), Gilles Mercier a récemment été censuré :

« la direction du journal L’Humanité a refusé de publier en tribune libre [mon] texte . Ce qui est son droit. Mais elle n’a pas assumé sa décision en refusant de m’en expliquer les raisons. La seule explication très embarrassée du responsable de rubrique fut « cela va à l’encontre du discours dominant, la décision ne m’appartient pas, voyez avec la rédaction ! ». P Le Hyaric (le directeur de L’Humanité, NDLR), malgré mes relances est resté aux abonnés absents. »

Et de rappeler la résolution du 34e congrès du PCF :

« Il nous faut reprendre avec une vigueur renouvelée et avec constance un travail d’analyse, un effort théorique pour comprendre les bouleversements du monde, saisir ses contradictions. Le mouvement populaire a plus que jamais besoin d’une pensée émancipée de l’idéologie dominante, une pensée créative, imaginative, en perpétuel mouvement ».

Selon Gilles mercier, « [sa] tribune libre s’inscrit dans cette démarche »

La résolution poursuit :

« Le respect de la diversité et la libre expression des opinions dans les débats que nous considérons comme un acquis irréversible ».

Ce qui fait dire à notre passionné de sciences :

« Visiblement, pour la Direction de L’Huma, la libre expression a ses limites. »

Comme beaucoup de communistes, Gilles Mercier n’admet pas le tournant anti-productiviste (« comme si le capitalisme produisait pour produire ») et écologiste pris par « le parti » et le ralliement de son canard aux « idées dominantes » qui sont « celles de la classe dominante » :

« Le PCF et L’Humanité ne cessent de promouvoir l’imposture de l’éolien et du photovoltaïque mais sont très discrets sur le nucléaire. Evidemment, tous ceux avec qui le PCF cherche des alliances électorales sont contre le nucléaire civil ! Tout ce qui peut faire obstacle à la conclusion d’alliances électorales doit être écartés, fusse au prix de la promotion de l’irrationnel et de l’obscurantisme. Les pages écolo de L’Huma du jeudi en sont l’illustration. »

Surtout Gilles Mercier a une explication au très bon score réalisé par Europe-Ecologie aux dernières européennes : « tous les partis politiques se sont alignés sur le discours de l’écologisme. Autant voter pour le modèle et non pour les copies opportunistes ». Alerte-Environnement ne dit pas autre chose depuis plusieurs semaines.

Très remonté contre « les thèses ultraréactionnaires » d’Yves Cochet, « partisan de supprimer les allocations familiales au-delà du troisième enfant afin de lutter contre l’émission de CO2 », le « camarade » Mercier n’a pas peur de soulever les contradictions de son parti :

« le PCF est contre la taxe carbone, mais MG Buffet n’a-t-elle pas signé avec les autres dirigeants politiques le pacte écologique de N Hulot dans lequel était revendiquée explicitement la mise en place d’une taxe carbone progressive ? »

Alors que sa direction ne jure plus que par le Grand Réchauffement climatique, Gilles Mercier croit encore au Grand Soir qui « balayera toutes ces idéologies de la désespérance qui mettent en cause l’idée même de progrès et contribuera à remettre l’Homme au centre de la société et le monde à l’endroit ».

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Pour que vive le débat, Alerte-Environnement vous propose la tribune de Gilles Mercier censurée par L’Humanité :

Les idées dominantes sont celles de la classe dominante

L’Homme par son activité industrielle serait responsable du réchauffement climatique. Cette affirmation repose sur le travail du GIEC. Or, le GIEC n’est pas une institution scientifique, mais une création politique. Ses membres nommés par les gouvernements ne sont pas tous des scientifiques. Le but du GIEC n’est pas de déterminer les causes du réchauffement climatique, « mais d’expertiser l’information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l’homme ». Fort de sa lettre de mission, le GIEC n’a de cesse de démontrer le bien fondé du présupposé qui a amené sa création. Le discours du GIEC ne constitue pas une vérité scientifique. Il n’y a aucun consensus scientifique sur l’origine du réchauffement climatique. L’appel d’Heidelberg (1992), la déclaration de Leipzig (1996), la pétition de l’Oregon (1998), sont autant de manifestations de scientifiques qui ont tenu à marquer publiquement leur opposition aux conclusions du GIEC. Cette opposition s’est structurée en se constituant en Groupement Non Gouvernemental d’Etude sur le Climat, qui vient de rendre public cette année son second rapport. Pour ces scientifiques, il n’existe aucune certitude d’une responsabilité majeure du C02 dans le réchauffement climatique. Ce dernier serait la conséquence de phénomènes naturels encore insuffisamment compris, qui sont à l’origine de l’alternance de périodes de refroidissement et de réchauffement que la terre connait depuis des millions d’années. Qu’il n’y ait pas unanimité chez les scientifiques sur l’origine du réchauffement n’a rien d’étonnant. Il en est souvent ainsi en recherche. Mais il n’y a aucun débat scientifique. Il y a une science officielle avec ses scientifiques bien en cours dont les médias et la presse distillent en permanence le discours. Ceux qui pensent différemment n’existent pas. Le pouvoir politique en France avec le Pacte pour la recherche et la LRU vassalise la totalité des institutions scientifiques. Le CNRS n’est plus un organisme de débats scientifiques. Certains scientifiques peuvent trouver intérêt à s’inscrire dans la pensée dominante. Ils y gagnent financements et notoriété. Quel peut être l’intérêt pour la bourgeoisie de valoriser la thèse du réchauffement climatique d’origine humaine ? En 1972, le Club de Rome commandita le rapport « Halte à la croissance »  afin de justifier les fermetures massives d’entreprises. Ce rapport sous prétexte de protection de l’environnement était un hymne à la décroissance. La force du mouvement de lutte fit que ce rapport ne rencontra aucun écho favorable, aussi bien dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Afin d’intégrer ces derniers à leurs stratégies, les bourgeoisies des pays occidentaux élaborèrent le concept de la préservation de l’environnement dans le développement économique. Dans le courant des années 1970 va se forger le concept de l’écodéveloppement puis en 1980 celui du développement durable. La tautologie du développement durable peut se résumer ainsi « le fait d’améliorer les conditions d’existence des communautés humaines, tout en restant dans les limites de la capacité de charge des écosystèmes ». Ce n’est que la reprise ripolinée du rapport du Club de Rome. Les forces du capital des pays occidentaux ont fait le choix d’arrêter le développement en Europe. Leurs zones de profit sont ailleurs. La nécessité de réduire l’activité économique afin de réduire la production de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique est l’idéologie d’acceptation de l’austérité. Il faut accepter les sacrifices pour sauver la planète. La taxe carbone et les éco-taxes en sont l’illustration. Les associations écologistes viennent en renfort du pouvoir en martelant l’idée que la sauvegarde de notre environnement dépend d’une somme de comportements individuels. La défense légitime de la nature est instrumentalisée afin de pérenniser l’ordre social. La classe dominante a besoin d’une idéologie intégratrice. Le développement durable est cette idéologie. Qu’importe si elle favorise l’irrationnel, du moment qu’elle permette de pérenniser l’ordre social. La violence sociale, la déréglementation, l’incertitude du lendemain, l’instabilité internationale constituent un terrain favorable aux peurs, à l’irrationnel. Ces peurs sont alimentées par la plupart des associations écologistes qui assimilent modernité et catastrophes et prônent le retour à un passé mythifié. Si l’Homme est responsable du réchauffement climatique, il faut alors limiter sinon arrêter la croissance de l’Humanité. C’est dénier aux pays émergents le droit d’accéder à notre niveau de développement, c’est les condamner à rester dans le sous développement et la pauvreté endémique. C’est l’autre raison du soutien des bourgeoisies occidentales à la théorie de réchauffement climatique d’origine humaine : limiter le développement des pays émergents afin qu’ils ne jouent pas un rôle politique correspondant à leur importance économique croissante! L’ordre capitaliste occidental doit être préservé. Il est évident que les pays émergents ne sont pas prêts à accepter le discours des donneurs de leçons. C’est pourquoi, la conférence de Copenhague sera un échec. Il n’y aura pas de Kyoto 2 ! Et alors, quelle importance ! Le climat n’a jamais été immuable. Chaque période de réchauffement a toujours été bénéfique pour la vie (l’ère secondaire l’atteste) et pour l’activité humaine (l’optimum médiéval). Personnellement, je crois en la capacité humaine à affronter et résoudre les défis du développement. Lorsque le salariat se lèvera massivement contre un système économique et social qui l’asservit, il balayera toutes ces idéologies de la désespérance qui mettent en cause l’idée même de progrès et contribuera à remettre l’Homme au centre de la société et le monde à l’endroit.

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Commentaires
  1. Gilles Mercier
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