Par pitié, Monsieur Hulot, reprenez des vacances !

Attachant comme le personnage de Jacques Tati (qui s’était inspiré du grand-père de l’animateur télé pour son film « Les vacances de Monsieur Hulot »), se heurtant comme lui à la technologie, à un monde en mutation et… C’est tout !

En effet, comment voir dans Nicolas, le « personnage d’une indépendance complète, d’un désintéressement absolu » décrit par le célèbre réalisateur. Le Figaro nous rappelle que « pendant que l’animateur part à la rencontre des derniers gorilles ou des tribus amazoniennes, la déclinaison de la marque Ushuaïa se transforme en fabuleux business. Dont l’animateur ne profite qu’indirectement puisqu’il est salarié de TF1 et que la manne est censée compenser le coût de l’émission ». Tout de même un million d’euros par numéro. « En quinze ans, la chaîne cède la licence d’exploitation de la marque à une quinzaine de sociétés. De L’Oréal, pour les produits cosmétiques, à Atol, pour la lunetterie, en passant par les vêtements, l’électronique, la papeterie et, récemment, les tours opérateurs. Adriana Karambeu changeant la monture plastique de ses lunettes Ushuaïa pour coller à la mode : l’image n’est pas franchement « écolo-compatible ». Pas plus que les parabènes dans les gels douche (la marque a, depuis, rectifié le tir avec une gamme certifiée bio). » La Fondation Hulot peut compter quant à elle sur l’argent de Bouygues ou de Saint-Gobain… Entre autres !

Pour l’ « indépendance complète » et le « désintéressement absolu », on repassera.

« Un inadapté » comme Monsieur Hulot, c’est ce pour quoi Nicolas tente de passer. En réalité, l’hélicologiste qui fournit du « temps de cerveau » à TF1 n’a rien d’un imbécile, quoi qu’en dise Claude Allègre. Il a même très (trop ?) bien compris son époque. On apprend dans Le Monde du 6 octobre 2009 qu’il a été jusqu’à courtiser – sans succès – la compagnie de pétrochimie Air Liquide ou le groupe de construction Vinci « avec qui les discussions sont allées assez loin » pour financer « Le syndrôme du Titanic ». Le quotidien du soir précise que les multinationales EDF et L’Oréal n’ont, elles, « pas été difficiles à convaincre ». L’argent n’a décidément pas d’odeur.

Mais un budget de 5 millions d’euros ne suffit pas à réaliser une production de qualité.

« Tous aux abris » : Eric Neuhoff en arrive à regretter dans Le Figaro du 7 octobre 2007 que Nicolas Hulot se soit mis « à penser ». Car, dans son film, « Hulot mélange tout, la crise financière, les marées noires, la sécheresse, les méfaits d’Internet ». Bref, ça ne vole pas haut. Le chroniqueur compare les commentaires du « syndrôme du Titanic » à « la copie d’un collégien aux dons limités qui aurait beaucoup lu Télérama ». Le couperet tombe : « manque de maturité ». A 54 ans, ça n’a rien d’un compliment. « Au secours ! », le Tanguy de l’écologie sort le grand jeu(ne). Comme l’a réclamé Valérie Pécresse l’autre jour, « libérons Tanguy ». Et faisons d’une pierre deux coups : offrons-lui, offrons-nous des vacances !

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Commentaires
  1. Alzine
  2. rageous
  3. Woody
  4. Dany
  5. rageous
  6. rageous
  7. Laurent Berthod
  8. Laurent Berthod