« Hulot c’est trop ! »

 

C’est le titre d’une tribune signée Philippe Bilger et publiée aujourd’hui sur le site internet de Marianne. L’auteur « s’enflamme contre ‘l’écologiste héliporté’ et son discours culpabilisant et anti-hédoniste ».

Nous ne pouvons que vous inviter à lire cette tribune, mais au-delà, la sortie du « Syndrome du Titanic » marque peut-être un tournant dans le mouvement écologiste. Celui de la radicalisation comme le soulignent Laurence Caramel et Elise Vincent dans une enquête publiée dans Le Monde de demain : « Qu’est devenu le gendre idéal cathodique, autrefois défenseur si raisonné et pragmatique de la cause écologique ? » Pour les journalistes du quotidien du soir, il y a une rupture entre l’avant et l’après « Syndrome du Titanic ». « Il est loin, l’aventurier casse-cou des années 1980. Celui qui dans ses interviews des années 1990 parle encore de faire ‘un inventaire des belles choses’. ‘L’émerveillement est le premier pas vers le respect’, prône-t-il alors. Et de balancer au Journal du Dimanche, en 1995 : ‘Waechter et Lalonde ont une vision très triste de l’écologie alors qu’elle devrait être un sourire sur la vie’ ».

Même constat chez Philippe Bilger pour qui « son visage sympathique (NDLR : celui de Nicolas Hulot) est trompeur : on sent que l’apocalypse à venir dont il nous rebat les oreilles depuis le dernière élection présidentielle, l’emplit de joie car elle le place sur le devant de la scène politique et médiatique et offre le grand mérite de nous faire peur. Chez Nicolas Hulot, il y a quelque chose qui relève de l’écologiste fouettard. »

Alors, Nicolas Hulot est-il devenu radical ? Non selon l’intéressé qui proteste dans Le Monde « ce n’est pas moi qui me suis radicalisé, c’est la situation ». Pas convaincant, car les journalistes du Monde rappellent l’influence de Jean-Paul Besset sur Nicolas Hulot. Ce dernier l’aurait appelé après la publication chez Fayard de « Comment ne plus être progressiste sans devenir réactionnaire » par l’ancien journaliste du Monde. « C’est avec lui qu’il finit de tourner le dos au modèle de développement qui fonde les sociétés occidentales depuis la révolution industrielle. « La radicalité que d’aucuns feignent de découvrir est déjà tout entière présente dans les cent premières pages du pacte », souligne M. Besset. » Et les amitiés « radicales » ne s’arrêtent pas là pour Nicolas Hulot qui « s’est également rapproché de l’essayiste Patrick Viveret qui milite depuis longtemps pour la redéfinition de la notion de richesse. C’est avec lui qu’il cherche à approfondir l’idée de « sobriété heureuse » reprise en forme d’invitation dans le film. »

C’est ce radicalisme qui éclate ces jours-ci au grand jour que refuse Philippe Bilger. « L’obsession environnementale est devenue un culte pour les uns et une formidable opportunité pour les autres, notamment les politiques : elle cumule le mythe de l’avenir radieux parce qu’appauvri avec les méfaits d’une crise qui, elle, ne se laisse pas aisément maîtriser. Elle panse aujourd’hui avec demain, l’ensemble demeurant assez flou pour n’imposer rien de déterminant. Il y a, j’en suis persuadé, une écologie pour honnêtes gens. Pourquoi Hulot n’aurait-il pas l’habileté et la sagesse de  ces médecins non spécialisés dans la diététique qui, pourtant, vous convainquent bien mieux de la nécessité d’un régime acceptable que les diététiciens les plus rigides qui vous en dégoûtent ? Il est clair qu’on n’a pas envie d’un avenir encore plus sombre avec le remède qu’avec le mal. Un peu d’humanité ne nuirait pas.
Je déteste ces bonnes idées qui se dégradent en idéologie. Premier conseil : que Nicolas Hulot nous laisse un peu vivre et rabâche moins ! »

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Commentaires
  1. Astre Noir
  2. Astre Noir
  3. Woody