Méthode réchauffée

Alors que Nicolas Sarkozy, autoproclamé champion de la lutte contre le réchauffement climatique, confond à son tour couche d’ozone et effet de serre ainsi que carbone et dioxyde de carbone, certains analystes commencent à craindre un « échec » de la conférence qui se tiendra en décembre de cette année à Copenhague.

le quotidien Les Echos du 29 septembre 2009 publie une analyse de Julie Chauveau intitulée « Les mirages de Copenhague ». Une fois de plus, c’est la faute au pays de l’Oncle Sam : « la réalité de la politique américaine, la violence des débats sur la réforme de la politique de santé et la montée en puissance de l’opposition au Sénat sur le projet de loi climat ont contraint Washington à rester en retrait. Le discours du président américain, lors du sommet climat organisé en marge de l’assemblée générale de l’ONU il y a une semaine, a fait l’effet d’une douche froide : aucun chiffre, aucun engagement, simplement des grandes phrases sur le sentiment de responsabilité et la volonté de faire sa part du travail. »

Ce qui fait dire à la journaliste que « la situation est bloquée ».

« Le protocole de Kyoto a construit un système rigide d’engagements assortis de punition en cas de non-respect. Mais le Canada, l’Australie, et de nombreux pays européens comme l’Espagne, la Grèce, le Portugal, l’Italie et l’Autriche savent bien qu’ils n’y parviendront pas. Personne n’envisage de leur envoyer les Casques bleus ou même de prendre des sanctions financières » semble regretter Julie Chauveau. Sans parler des pays en voie de développement.

Du coup, tous ses espoirs sont reportés sur la conférence de Mexico prévue pour 2010. Objectif pour 2009 : « trouver un début d’accord politique autour de quelques pages qui donnerait mandat aux négociateurs de préparer un texte juridiquement ficelé pour fin 2010 ». Bonne princesse, Julie Chauveau propose même d’accorder aux Etats-Unis « un délai de grâce pour rattraper leur retard à condition qu’ils s’engagent formellement à accélérer ensuite ».

Bref, on sent bien sous sa plume et celle de tant d’autres que le temps n’est plus au débat (l’a-t-il seulement déjà été ?) mais à l’action ! L’urgence invoquée et la peur qui en découle chez le lecteur moyen permettent habilement de faire taire la moindre contradiction. Sans l’once d’un argument scientifique. Julie Chauveau en sait quelque chose :

« La tempête tropicale qui a ravagé Manille samedi, une des plus fortes depuis 40 ans, ou le nuage rouge qui a recouvert la capitale australienne la semaine dernière serviront peut-être de piqûre de rappel » persifle-t-elle.

Mais c’est une méthode qui commence à sentir, qu’on nous pardonne l’expression, le réchauffé.

Le 12 février 2008, Yahoo France titrait « 365 jours pour survivre » et assurait, se basant sur une dépêche AFP du même jour, que « si d’ici un an des mesures drastiques ne sont pas prises pour empêcher le réchauffement climatique, ce sera trop tard »

La grande peur des années 2000 ressemble décidément étrangement à celle de l’an mil. En plus populaire.

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Commentaires
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