French Eco Warrior

Il s’appelle Pierre Azelvandre, habite Ingersheim, est au chômage. Il n’aime pas les OGM. Mais alors, pas du tout. En fait, il n’y a rien qu’il déteste plus qu’un plan d’OGM… A part peut-être… deux plans d’OGM !

Commando anti-OGM
Lundi 7 septembre, Pierre Azelvandre qu’on surnomme sur internet « Pierrot-le-pas-fou » (La précision est importante…) s’est introduit de force dans le site expérimental de l’INRA à Colmar et s’en est froidement pris à un essai de vignes transgéniques. Les 70 porte-greffes transgéniques, coupées, ont été perdues. Pierre Azelvandre s’est ensuite rendu aux rédactions des Dernières Nouvelles d’Alsace et de L’Alsace pour les informer de son action coup de poing. Puis, il s’est constitué prisonnier au commissariat de la ville. Le 7 septembre, cela faisait 4 ans jour pour jour que l’INRA avait débuté ce projet…

En croisade contre les biotechnologies
Pour Pascal Schultz, procureur de la République de Colmar, Azelvandre est un « croisé des temps modernes » et s’est senti investi d’une mission, celle de… provoquer un débat public sur les OGM ! A moins que ça ne soit un pugilat, vues les méthodes employées… L’homme est connu depuis plusieurs années pour ses positions anti-OGM très radicales. En 2004, il avait publié une liste de toutes les communes haut-rhinoises ayant accueilli des essais OGM avant l’an 2000, souvent sans en avoir averti leur population. C’est suite à une plainte d’Azelvandre contre la commune de Sausheim, qui refusait de lui communiquer des informations sur ces essais, que la cour européenne de justice a rendu en février 2009 un arrêt imposant « une consultation du public pour les disséminations volontaires d’OGM et l’obligation de la notifier. » Le 8 septembre, les magistrats du parquet ont déploré « la vue trop simpliste » de Pierre Azelvandre sur le sujet, qui a pourtant obtenu en 1993 un doctorat en biologie à l’université strasbourgeoise Louis Pasteur…

Obscurantisme
Cet acte de vandalisme met fin à une expérience pourtant présentée comme exemplaire par l’Institut national de la recherche agronomique. Jugez plutôt : il s’agissait d’un essai en champs portant sur des vignes génétiquement modifiée pour résister au virus du court-noué, une maladie transmise par des petits vers (les nématodes) et qui affecte les vignobles. Un essai mené avec des objectifs de recherche purs, dans des conditions de sécurités draconiennes, et dans le cadre d’une vaste concertation avec les élus locaux de toutes tendances politiques (Verts compris), les viticulteurs, les ONG écologistes, des membres de la Confédération paysanne. Le tout dans le cadre d’un comité de suivi transparent. L’ensemble du dossier scientifique, la description de l’essai et du dialogue avec ONG et citoyens en témoignent.

La Conf’ cautionne !
Même si l’auteur de la destruction des pieds de vigne déclare avoir agi seul, cette action rejoint un discours largement répandu parmi certaines ONG qui refusent tout recours à la transgénèse végétale sans considération d’objectifs, de cadre social ou scientifiques. Il faut croire que la Confédération paysanne en fait partie puisque son porte-parole pour la région Alsace « salue la détermination de Pierre Azelvandre dans son acte de destruction des plants de vignes transgéniques de l’INRA de Colmar » et se déclare « solidaire de la motivation de Pierre Azelvandre ». La concertation aura fait long feu…

Nombreuses condamnations
Le sénateur vert du Haut-Rhin Jacques Muller condamne la destruction du « seul essai de cultures d’OGM en France ». « Favorable à la recherche sur les OGM, mais en milieu strictement confiné », il a qualifié d’ « acte imbécile et parfaitement isolé » mais aussi de « gâchis incommensurable sur le plan humain » la prestation d’Azelvandre car « la dissémination des gènes dans l’environnement et donc sa contamination étaient rendues techniquement impossibles ».  Le député UMP de Colmar Eric Straumann dénonce pour sa part « l’obscurantisme irresponsable de saccageurs et autres faucheurs » et regrette cette « grave atteinte à la science ». La Chambre d’agriculture n’est pas en reste : son bureau dénonce un « acte de malveillance », un « délit », « d’autant plus condamnable que cet essai a été construit en toute transparence entre la Recherche, la Profession viticole et l’association Alsace Nature« , en « concertation » autour d’un « projet expérimental porteur d’avenir pour notre vignoble ». Oui, vous avez bien lu, même l’association Alsace Nature, membre de France Nature Environnement, participait au projet !

 

Jugement le 7 octobre

Pierre Azelvandre qui dit vivre de « l’héritage de ses parents et de ses économies » et ne posséder qu’un terrain à Frambouhans (Doubs) et sa R19, devra répondre devant le tribunal correctionnel de Colmar du délit de « dégradation volontaire de biens d’utilité publique« . Il encourt trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Selon M e Romy Lochert, qui défend l’INRA, le préjudice causé par l’écologiste est estimé entre 500 000 et 1,3 million d’euros… Le député de Colmar Eric Straumann souhaite que l’Etat « (réclame) le remboursement des frais de recherche »  au prévenu. Refusant la comparution immédiate au grand étonnement du tribunal pour « hiérarchiser » ses « très nombreux arguments », Azelvandre sera jugé le 7 octobre prochain. Parquet et juges ont rappelé mercredi au prévenu que le tribunal ne devait pas lui servir de « tribune » pour son combat. Qui n’est sûrement pas celui contre la bêtise !

email
Commentaires
  1. xochipelli
  2. alzine
  3. Laurent Berthod
  4. Laurent Berthod
  5. Laurent Berthod
  6. xochipelli
  7. xochipelli
  8. xochipelli
  9. xochipelli
  10. xochipelli
  11. Laurent Berthod
  12. Laurent Berthod
  13. Laurent Berthod
  14. Laurent Berthod
  15. xochipelli
  16. xochipelli
  17. xochipelli
  18. xochipelli
  19. xochipelli
  20. xochipelli
  21. xochipelli
  22. xochipelli
  23. xochipelli
  24. xochipelli
  25. xochipelli
  26. rageous
  27. daniel
  28. Laurent Berthod
  29. Bruno
  30. Laurent Berthod
  31. Alzine