ATTAC : l’écologisme… pour se relancer

Après des années difficiles, l’association « altermondialiste » ATTAC France espère prendre un nouveau départ grâce à l’écologisme.

Mardi 25 août, elle clôturait son « université citoyenne » à Arles, au terme de cinq jours de « débats » en présence de 650 participants.

« Pour la première fois, nous avons posé le mécanisme de la convergence des questions sociales et des questions environnementales », explique Geneviève Azam, membre du conseil scientifique de l’association. Le « débat » intitulé « Urgence climatique » ou la présence de l’association au Camp climat à Nantes en juillet témoignent de ce virage. Un réveil écologiste impulsé par Aurélie Trouvé, ingénieur agronome et coprésidente d’ATTAC France depuis 2006. Objectif : chercher à peser sur le prochain Sommet mondial sur le climat, à Copenhague.

A la recherche de financement

L’association, dont les finances seraient assainies, vient donc de lancer une souscription. « Pour construire un monde solidaire, écologique et démocratique ». Plus prosaïquement pour couvrir les « frais importants » que vont engendrer sa participation au contre-sommet. Car, malgré un contexte de crise mondiale, ATTAC n’est plus que l’ombre d’elle-même : l’association revendique aujourd’hui 12 000 adhérents contre… 30 000 en 2004. Ceux qui restent sont moins actifs et plus âgés. « Dans notre comité local, on est 10-12 personnes, vieillies de 10 ans depuis Seattle » reconnaît par exemple Didier Falleur, adhérent à ATTAC-Uzège (Gard).

La baisse des effectifs aurait cependant cessé : à voir, car l’« université citoyenne » de Toulouse avait réuni en 2008 quelques 750 participants, soit une centaine de plus que celle d’Arles. La faute à une différence de « potentiel d’inscriptions » entre Arles et Toulouse jure ATTAC…

Un pari douteux

Ses dirigeants, Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey, font le pari de la décroissance et professent un écologisme radical aux relents malthusiens. « La Terre a atteint ses limites physiques ; désormais le développement doit être qualitatif et non plus quantitatif », affirme Aurélie Trouvé.

Avec ses expertises sur la finance carbone ou sur le marché des émissions de CO2, Attac considère avoir une place « modeste » mais « légitime » au sein des mouvements écologistes.

Objectif de ce virage vert, selon Le Monde, retrouver davantage de visibilité. Au mépris de certaines évidences scientifiques que foulent au pied Allègre-ment les militants écologistes ? ATTAC nous avait habitué à plus de rigueur dans sa réflexion…

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
  2. Cultilandes