« Changer ou Disparaître »

Nouvel ouvrage dans notre bibliothèque verte virtuelle. Une invitation à la lecture en cette période estivale…

Changer ou Disparaître, Plan pour la survie, The Ecologist, 1972.

Rédigé principalement par Edouard (« Teddy ») Goldsmith, le fondateur de la revue The Ecologist, a d’abord été publié en janvier 1972 comme numéro spécial de The Ecologist, avec la volonté d’influencer la première conférence de l’ONU sur l’environnement, cette même année, à Stockholm. Republié sous forme de livre, Changer ou Disparaître a été un best-seller avec la diffusion de 500.000 exemplaires, et en 17 langues. Il a servi de base de réflexion et de proposition pour les mouvements écologistes naissants. Selon Teddy Goldsmith, ce succès est dû en grande partie grâce à la caution de personnalités comme Sir Frank Fraser Darling et Sir Julian Huxley parmi 38 autres scientifiques.
Le livre comporte une première partie axée sur le constat, suivie d’une deuxième partie élaborant une « stratégie de la reconversion », c’est-à-dire un texte politique de propositions concrètes. En premier lieu, le constat est clair : « C’est la croissance actuelle, tant de la population dans son ensemble que de la consommation par tête d’habitant, qui nous impose un changement radical : en détruisant les écosystèmes et en épuisant nos ressources, elle sape les fondements mêmes de notre survie. » Il est ainsi affirmé qu’« à quelques exceptions près, toutes nos réserves métallifères seront épuisées en l’espace de 50 ans, si nous continuons d’y puiser au rythme actuel ». Ainsi, il ne devrait déjà plus y avoir, aujourd’hui, ni argent, ni or, ni cuivre, ni mercure, ni plomb, ni platine, ni zinc ! Dans ce contexte, Changer ou Disparaître préconise l’établissement d’une société stable. Outre une réduction des pesticides, des engrais, des ordures ménagères et des déchets industriels, il est aussi proposé une réduction de la… population, estimant que « la population maxima pour le monde entier ne peut guère dépasser 3500 millions d’habitants, et que [la charge utile de la terre] est probablement très inférieure à ce chiffre ». Pour arriver à cet objectif, il faudrait un « service national de la population »« la décentralisation » est leur « proposition la plus radicale ». Cette décentralisation, selon cet ouvrage, est nécessaire pour quatre raisons fondamentales : destiné à promouvoir la contraception, l’avortement et la stérilisation, mettre fin à l’immigration, ne tolérer que des industries de dimension assez réduite, établir une société décentralisée de petites communautés, etc. Car Goldsmith et ses associés pensent que
1) Une structure communautaire est plus adaptée pour faire accepter les contraintes imposées par les limites écologistes : « Dans une société hétérogène et centralisée comme la nôtre, les contraintes de la stabilisation, pour être efficaces, apparaîtraient comme des mesures de coercition extérieure. » Dans des communautés réduites, le contrôle social est plus fort : « Ayant pris conscience des limites de l’état stationnaire, chacun serait libre, dans ces limites, d’organiser sa vie à sa guise ; les contraintes seraient alors acceptées comme nécessaires et souhaitables, et non comme des mesures répressives imposées par un gouvernement lointain et sans visage. »
2) Une décentralisation permet de replacer l’industrie et l’agriculture au niveau local : avec « une société décentralisée de petites communautés », les auteurs pensent que « des industries de dimension assez réduites (vont) pouvoir répondre aux besoins de chaque communauté. »
3) Les grandes structures d’Etat isolent les individus : « Dans nos grandes agglomérations urbaines, (les individus) ne sont que des isolés – et il est significatif qu’en même temps qu’au déclin de l’autonomie des communautés locales et régionales, et à la centralisation croissante du pouvoir de décision et de l’autorité dans les lourdes bureaucraties de l’Etat, nous ayons assisté à l’essor d’un individualisme sourcilleux (…). » Ils privilégient donc « peu de rapport humains, mais de grande qualité ».
4) En réduisant les infrastructures, les communautés locales minimisent les dégâts sur la nature : « En redistribuant la population dans de petites villes et des villages, nous réduirons au minimum son impact sur l’environnement. »
La taille des ces communautés de base serait de 500 membres. Elles seraient elles-mêmes représentées dans de petites villes de 5000 habitants, à leur tour représentées dans des régions de 500.000 habitants « qui, par l’intermédiaire des nations, se feraient entendre à l’échelle planétaire ».

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Commentaires
  1. Laurent Berthod
  2. daniel