Vie en vert : vers l’échec ?

Après l’euphorie collective, le retour à la réalité pour beaucoup de médias. « Dur dur d’être écolo » réalise Le Monde 2. « L’écologie est-elle une nouvelle religion ? » s’inquiète Elle.

Libé n’échappe pas à la tendance : « Vivre en vert est-il voué à l’échec ? » s’interroge le quotidien. Il semblerait que oui, tant les prescriptions idéologiques des écolos semblent contraires aux aspirations humaines, contraires à la… nature de l’homme !

« D’où viennent les blocages ? » Pour y répondre, le quotidien offre à ses lecteurs un jeu de l’oie pour « atteindre le Nirvana de la conscience écologique ». Comment ça ? « En trimant, Petit Scarabée (sic), en trimant. » Car « il ne suffit pas de manger bio, d’enfourcher un Vélib’ une fois par semaine et de voter Europe Ecologie pour s’autoproclamer « vert » dans l’âme ». Libé nous sert alors un condensé de toute la paranoïa écologiste, sur le ton de l’humour. Case 17 du jeu de l’oie, on peut lire : « En bon végétarien, tu raffoles du quinoa. Caramba ! Sais-tu que tu ravages l’Altiplano péruviens avec tes salades ? ». Case 8 : « Soucieux de ne te chauffer qu’aux énergies renouvelables, tu installes un poêle à bois chez toi. Parfait. Mais la combustion rejette des microparticules dans l’environnement. Caramba ! ». Case 23 : « Comme tu refuses de te faire ligaturer ou vasectomiser pour maîtriser la démographie galopante de l’espèce humaine, tu ne seras jamais un écolo radical ». Et Libération de plancher sur le « blocage » de l’humanité au stade de la « précontemplation » (sic). Pour faire simple, sur le fait que l’homme ne change pas de mode de vie malgré sa conscientisation. Car Libé, qui n’envisage pas un instant qu’on puisse ne pas vouloir changer de mode de vie,  a la recette :

Faire table rase du passé

« Changer de comportement est insuffisant, la crise appelle à un revirement en profondeur du système de valeurs que notre éducation, notre culture, notre histoire ont contribué à forger. » selon Séverine Millet, auteur de la lettre électronique « Nature humaine ». Comment ça ? « D’abord en marquant une « grande pause » comme le suggère le philosophe Patrick Viveret qui nous convie à nous asseoir sous les arbres et y enterrer les erreurs du passé pour mieux désirer un futur commun. Ensuite, ne pas hésiter à faire exploser notre système de valeurs, à passer de l’ « avoir » à l’ « être », de l’intérêt individuel au projet collectif ». On croit rêver quand on lit dans les colonnes de Libé qu’ « à l’instar d’un deuil, l’adieu à la société consumériste, gloutonne et dépravée du XXème siècle s’accompagne. » Pas sûr que nos racines et traditions échappent à cette tabula rasa qui préfigure bien l’idéologie verte, une de plus. Mais ça n’est pas tout, Libé trouve la crise sacrément fun (vous n’aviez pas remarqué, bande de ringards ?) :

Vive la crise

« Homo Ecologicus devrait s’inspirer des Chinois. Pour signifier le mot « crise », ils utilisent des deux idéogrammes, l’un signifiant « danger », et l’autre « opportunité ». Non, la crise n’est pas qu’apocalypse et chaos, il faut se dépêcher de lui donner un sens social et culturel – et pas seulement économique, n’en déplaise aux forcenés de la croissance verte ».
Il faudrait demander aux millions de chômeurs français si la crise est une « opportunité ». Chassez le naturel, il revient au grand galop, surtout chez les écologistes  déconnectés des réalités, déconnectés de l’humain, cette cause de tous les problèmes rencontrés par la déesse Terre…

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  1. floyd