Pression sur le Pr. Belpomme ?

Mais qui est ce « ON » qui veut faire taire le Pr Belpomme ?

La scène se passe au théâtre Dejazet (Paris 3ème) le 6 juillet 2009. Ségolène Royal et son club « Désirs d’avenir » y organisent une « université populaire participative » consacrée aux pesticides. Et posent la question : « quel impact sur notre alimentation et notre santé ? ».

Avec le Pr Belpomme, ils vont, tous deux, sur le ton de la confidence, raconter à l’assistance qu’ « ON» veut les faire taire…

Introduisant le Pr Belpomme, Ségolène Royal déclare :
« Il y a quelques mois déjà nous nous étions rencontrés. Je lui avait proposé de faire une conférence sur le site de ‘Désirs d’avenir’ et puis… J’ai reçu plein de pressions me disant ‘mais non, c’est pas sérieux’, ‘tout ça est tout à fait contestable’, etc. et là, avant ce soir, avant cette université populaire de ce soir, même chose, en disant ‘mais ‘Désirs d’avenir’ va perdre sa crédibilité en organisant un débat sur l’impact des pesticides sur la santé, sur le cancer’. C’est vous dire à quel point la loi du silence est lourde»

Lorsque vient son tour d’intervenir, le Pr Dominique Belpomme en rajoute :
« Merci Ségolène Royal d’avoir résisté aux pressions qui ont fait que je ne devais pas être là ce soir. Je suis tout de même là donc un grand merci. Les pressions, si vous voulez, je commence à être un peu habitué maintenant ».

Mais qui ose donc faire ainsi pression sur le Professeur Belpomme et Ségolène Royal ?

Il y a tellement de sous-entendus dans les propos de Ségolène Royal, qu’on peut penser qu’elle veut parler du lobby de l’agrochimie, des fabricants de pesticides, de bananiers, que sais-je ? Même pas. C’est le contraire dont il s’agit. ON veut que le Prof Belpomme s’explique. Mais celui-ci ne veut pas. Mais qui est « ON » ?

C’est l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) qui a souhaité auditionner le Pr Belpomme sur la question du chlordécone aux Antilles. Celui-ci a décliné l’invitation.
On le comprend un peu. L’OPECST, dont Jean-Yves Le Déaut, le « Monsieur science du PS », est vice-président, s’en est violemment pris au professeur Belpomme. L’institution a rendu public le 24 juin 2009 un rapport sur les pesticides aux Antilles* dans lequel il est dit que les méthodes du Pr Belpomme sont « peu solides ». Le rapport poursuit : il est « quand même surprenant que le Pr Belpomme ait refusé d’être auditionné (…), arguant du fait qu’il était déjà venu deux fois devant la Commission des Affaires Economiques de l’Assemblée Nationale en 2005 et en 2007 ». Il y avait été humilié en raison des insuffisances et des inexactitudes de son discours.

* « Impacts de l’utilisation de la chlordécone et des pesticides aux Antilles : bilan et perspectives d’évolution ».

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Commentaires
  1. Cultilandes
  2. elise