Empreinte écologique : bientôt dans la loi ?

anLes députés Verts ont déposé mardi dernier une proposition de loi à la présidence de l’Assemblée Nationale. Elle a été débattue hier en séance.

C’est Yves Cochet qui est monté au créneau pour défendre cette théorie si chère au WWF qui en assure la promotion auprès du grand public et auprès des décideurs politiques par un lobbying puissant.

Une chose est sûre, on ne peut reprocher à Yves Cochet de mâcher ses mots :

« Puisque, selon le Président de la République, toutes les décisions publiques doivent prendre en compte leur coût pour l’environnement, nous avions, au moment de l’examen de la loi Grenelle, insisté sur la nécessité de disposer d’un instrument de mesure de ce coût. Quand on cherche à relancer l’économie, on se réfère au PIB, un instrument que nous critiquons car c’est non seulement un agrégat – comme d’ailleurs l’empreinte écologique dont je vais parler –, mais il mélange des biens et des maux. Tout ce qui crée de la valeur peut être mesuré par le PIB, ce qui donne l’impression que la croissance de ce dernier est un bien en soi. Or la croissance du PIB peut être source de maux économiques, sociaux et écologiques. À la différence du PIB, l’empreinte écologique mesure la violence de l’impact de nos activités sur l’environnement. Réduire l’empreinte écologique de notre pays, c’est réduire cette violence. Car cet indicateur ne mesure que des maux : plus il baisse, mieux on se porte – les humains et leur santé, la France et la planète – ! (…) L’aréopage de savants regroupés dans le Global footprint network, le réseau des personnes qui étudient l’empreinte écologique de la planète et qui est – en plus petit – l’équivalent de ce qu’est le GIEC pour le climat, nous explique que, depuis vingt-cinq ans, l’empreinte écologique de l’humanité a dépassé la capacité d’absorption de la Terre. Nous vivons donc au-dessus de nos moyens. En septembre 2002, dans son discours de Johannesbourg qui s’adressait évidemment aussi à nos concitoyens – j’étais pour ma part dans la salle –, le président Chirac a ainsi expliqué que, si tous les humains devaient vivre comme les Français, il faudrait deux planètes supplémentaires, c’est-à-dire trois Terres. C’est évidemment impossible. (…) Notre impact sur l’environnement est dix fois plus violent que celui du Burkinabé moyen ! (…) De la même manière qu’elle vise une diminution par quatre des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, la France devrait se fixer comme objectif de diviser son empreinte écologique par deux, ce qui serait en outre faire preuve de solidarité à l’égard de nos frères et sœurs des pays du sud. »

En réponses à ses propos radicaux, Jean-Louis Borloo a affirmé : « Nous sommes absolument d’accord sur la nécessité d’avoir à la fois des indicateurs scientifiques pour mener à bien notre révolution écologique, et une perception visuelle de ces mutations afin que chacun d’entre nous puisse en constater concrètement les effets. Nous en avions d’ailleurs longuement débattu lors de l’examen du projet de loi de programme relatif à la mise en œuvre du Grenelle et je vous avais alors indiqué qu’il convenait, d’une part, d’affiner la méthodologie proposée par un organisme bien connu mais n’ayant pas de caractère public, et, de l’autre, d’apprécier l’ensemble des éléments, l’empreinte écologique, au demeurant intéressante, n’étant que l’un d’entre eux. »

Quand à Patrick Ollier, Président de la commission de l’environnement de l’Assemblée Nationale, il n’a pas cherché à faire de vagues : « Je veux préciser plusieurs points. En premier lieu, je partage pleinement l’analyse de M. le ministre d’État. Comme je l’ai dit en commission, monsieur le rapporteur, votre idée relative à l’empreinte écologique est bonne ; nous en sommes tous d’accord. Néanmoins, il y a une différence entre le principe et sa mise en œuvre législative, laquelle suppose un dispositif normatif précis. »

Ces réponses de Jean-Louis Borloo et Patrick Ollier ont de quoi faire peur. Certes, la proposition de loi des Verts est rejetée, mais les représentants du pouvoir se montrent plutôt favorables à l’empreinte écologique. Voilà qui signe une victoire plus que symbolique du WWF sur les élus et décideurs politiques. Avec patience, cette ONG a réussit à imposer ses idées influencées par les théories malthusiennes. Car comment réduire l’empreinte écologique de la France sans adopter une décroissance démographique ? Et si cet objectif est inscrit dans la loi, quels seront les moyens retenus ?

Le débat parlementaire d’hier est fondamentalement inquiétant. Il faut réagir… et vite !

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Commentaires
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