L’appli « le Guetteur » de Greenpeace : un flop

Souvenez-vous il y a quelques semaines, Greenpeace lançait sa campagne « le guetteur » à grand renfort de com’. Objectif : « balancer » les marques  utilisant les OGM ainsi que des phytos « tueurs d’abeilles » dans l’élaboration de leurs produits. Greenpeace ne voulait pas s’en arrêter là et projetait de de développer une application « le guetteur ». Un appel au don est lancé…et sur 50 000 euros nécessaires (ca fait cher l’application !), à peine 3000 sont récoltéspour l’instant. Le guetteur un flop pour Greenpeace ! (merci à aatea pour l’info)

 

 

Suicide des agriculteurs : on finit par tout mélanger

Nous en parlions dans un précédent billet il y a quelques mois . Le suicide des agriculteurs est une réalité, à ne pas nier évidemment pour de quelconques raisons idéologiques. Mais ce drame humain est par nature complexe. En chercher une seule cause est trompeur et surtout n’apportera aucun début de solutions. C’est sans doute ce qu’ignore ce journaliste relayant un article de Newsweek.« Selon « Newsweek », cette crise (des suicides, ndlr) a ouvert un autre débat dans la communauté scientifique sur l’existence ou non d’un lien entre utilisation des pesticides et dépression. D’après une étude de chercheurs américains, les agriculteurs, qui ont été exposés longtemps à des pesticides, ont développé des symptômes comme une grande fatigue, des maux de tête, de l’anxiété… »

Raccourci qui a l’avantage de donner une seule réponse à des situations extrêmement diverses dans le monde. A vouloir simplifier, on finit par tout mélanger !

Pesticides : l’essentiel… c’est peut-être de se parler

A lire cet article, qui est certes loin d’être parfait mais qui donne la parole aux deux « parties » sur la question des phytos : celle d’un biologiste écolo et celle d’une agriculteur. Les préjugés sont toujours là avec sans doute une déformation journalistique mais on donne (enfin !) la parole à un agriculteur. Celui-ci aborde le sujet par les bonnes questions : la question sanitaire, la productivité, le poids du « c’était mieux avant », les progrès dans l’utilisation des phytos, la peur, etc…
Qu’il y ait donc un vrai échange plutôt que des invectives et que chaque partie comprenne les contraintes de l’autre ! On avancerait déjà sur la bonne voie.

Ségolène Royal a-t-elle le sens des priorités ?

A peine arrivée au ministère de l’écologie, Ségolène Royal enchaîne les grandes déclarations. Dernière en date : un appel aux collectivités locales pour que celles-ci cessent l’utilisation de phytos dans les espaces verts.
Le prix de l’énergie avec les grands sujets liés au nucléaire, gaz de schiste, énergie renouvelable, les transports… Ségolène Royal nous parle des pesticides en collectivités locales. Mais de qui se moque-t-on ? De mauvaise augure pour la suite…Les ministres changent, la com’continue !

Le CRIIGEN, l’e-marketing et la famille Mulliez

En octobre 2012, le CRIIGEN avait lancé une pétition intitulée « OGM, l’heure de vérité ! », demandant aux ministres de la Santé et de l’Agriculture de « suspendre les autorisations du maïs transgénique NK603 et du Roundup, dont une étude réalisée par le Pr Séralini et son équipe de recherche ont remis en cause l’innocuité et la potentielle toxicité sur le long terme, chose jamais analysée auparavant ». Hébergée sur le site Mesopinions.com, la pétition a depuis récolté près de 28.000 signatures. Le 21 mars 2014, afin de relancer la pétition, une vidéo de Gilles-Eric Séralini a été mise en ligne par Mesopinions.com.

Première surprise, le professeur caennais parle de près de 100.000 signatures réunies. D’où sort-il ce chiffre ? Fusionne-t-il sa pétition avec celle de l’association Bio consom’acteurs, bien que le texte ne soit pas exactement le même et que de nombreuses personnes aient certainement signé les deux ? Mystère et boule de gomme !

Deuxième surprise, dans un message apparu sur la liste de discussion d’Inf’OGM, le Comité de soutien au Pr Séralini affirme que les propriétaires du site Mesopinions.com « ont soutenu financièrement l’étude Nk603 ». Or à la tête de ce qui se présente comme le « premier site de pétitions et de sondages en France », on trouve Géraldine Poissonnier, née Mulliez. Rappelons que la fameuse étude choc de Séralini avait été financée à hauteur de 2 millions d’euros par l’association Ceres, créée sous l’impulsion de Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan. Géraldine Poissonnier-Mulliez était en effet auparavant responsable du site « Cuisine AZ » du groupe Oxygem, lui-même présidé par son mari Vianney Poissonnier. Spécialisé dans les sites thématiques grand public à forte audience ainsi que dans des outils de e-marketing, le groupe Oxygem gravite dans l’empire de la grande distribution détenu par la galaxie Mulliez.

Enfin, troisième surprise, Mesopinions.com n’a rien d’un site altruiste même s’il affiche que « nous avons tous le pouvoir de changer le monde ! ». Il s’agit bel et bien d’une société commerciale, qui a pour objet « la régie publicitaire de médias », autrement dit du marketing. Comme on l’apprend dans les conditions d’utilisation du site, Mesopinions.com explique aux utilisateurs « que les données qu’ils communiquent à la Société peuvent faire l’objet de traitements voire de cessions à des tiers avec leur consentement formel (notamment sous forme d’une case vide à cocher) », et que l’une des finalités est d’« offrir un service de marketing ciblé et de ciblage publicitaire (en particulier analyse des comportements des utilisateurs dans le but d’améliorer la pertinence de la publicité qui leur est adressée) ». Le site se veut rassurant en ajoutant que « chaque Utilisateur ne souhaitant pas bénéficier de publicités personnalisées ou ne souhaitant pas que ses données soient communiquées auxdits partenaires commerciaux pourra exercer son droit d’opposition ». Rien de répréhensible, évidemment, mais il est surprenant que le CRIIGEN incite ses sympathisants à s’inscrire sur ce site commercial, devenant potentiellement la cible de e-marketing de l’empire Mulliez.

Sources
http://www.mesopinions.com/petition/sante/ogm-heure-verite/9282
https://www.youtube.com/watch?v=DD6AUGjwi10#t=49
http://www.mesopinions.com/conditions-utilisation

Alliance entre la Confédération paysanne et EELV

On apprend hier que Julien Durand, membre de la Confédération paysanne et « figure emblématique de la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes« , va faire son entrée sur la liste EELV-Grand ouest aux élections européennes. En clair, un alliance entre un membre d’un syndicat agricole et le parti le plus anti-agricole de France. Contradiction que ce candidat n’a visiblement pas peur  d’assumer.

Madame Royal secouée par Jean de Kervasdoué

Dans une tribune publiée ce jour dans le Figaro, l’économiste Jean de Kervasdoué conseille à Ségolène Royal de ne pas tomber dans l’écologie partisane. Il lui demande notamment de ne pas remettre en cause l’énergie nucléaire,  d’autoriser la recherche sur le gaz de schiste et de réfléchir aux OGM… Attention ça décoiffe.

« Madame la ministre, Il y a plus de vingt ans déjà, en 1992, vous avez eu la responsabilité du portefeuille de l’écologie. Depuis, à de nombreuses reprises, vous avez pris position sur les questions qui touchent à l’énergie, aux OGM, à l’agriculture biologique, à la taxe carbone et aux moteurs diesel. Le 14 juin 2011, vous avez témoigné votre soutien à José Bové, fameux faucheur de science. À la juge du tribunal de Poitiers qui vous demandait : « Vous, une représentante du peuple, n’est-ce pas paradoxal de défendre une action illégale ? », vous avez répondu que « la visibilité de cette action (celle de José Bové) a permis une meilleure application du droit. » Ce qui, je l’avoue, m’a rendu, avec d’autres, perplexe. »

Plus loin : « En France jamais l’eau n’aura été aussi pure, jamais l’air n’aura été aussi peu pollué, jamais les produits alimentaires n’auront été aussi divers et sains. Les hommes ont, grâce à la science, transformé la nature pour leur plus grand bien, elle leur était hostile. Ainsi l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 50 ans en deux siècles ! Elle continue de croître de trois mois par an, sauf quand l’application du principe de précaution s’en mêle et conduit à limiter les vaccinations contre la grippe, ce qui a eu en 2012 des conséquences fatales pour beaucoup de personnes âgées. Jamais l’écosystème n’aura été aussi favorable aux hommes, en France. »

Vous êtes comme moi ? Cela fait du bien à lire !

Jean de Kervasdoué passe ensuite en revue le nucléaire, le gaz de schiste. Madame la Ministre,  « vous êtes contre. Pourquoi ? »

Enfin, sur les OGM.

« Pour ce qui est des plantes génétiquement modifiées (PGM), l’avenir incontestable de l’agriculture, je connais vos positions, mais permettrez-vous un débat objectif ? Consulterez-vous, outre des organisations partisanes dont on ne sait ni qui elles sont ni qui les financent, les académies compétentes ?

Enfin, quand vous envisagerez d’interdire telle ou telle substance, ou limiterez l’usage de tel ou tel moyen de combustion au nom de risques réels ou supposés, accepterez-vous de considérer, comme les autres pays occidentaux, qu’il y a des méthodes pour comparer les risques et les avantages ? En matière d’agriculture, comme de santé humaine, allons-nous continuer d’oublier les bénéfices considérables des pesticides, comme des médicaments, aux noms de risques infimes ou supposés ? »

Bref, « Reconnaîtrez-vous avec Jean Jaurès qu’« il n’y a pas de vin naturel ; il n’y a pas de froment naturel. Le pain et le vin sont un produit du génie de l’homme » ? »

 

Le bio ne protège pas du cancer

Merci ME51 d’avoir signalé cet article de la France agricole sur une nouvelle étude britannique concernant le bio et le cancer. Le chercheurs de l’université d’Oxford ont lancé il y a plusieurs années une étude massive auprès de 600 000 femmes pour voir si la consommation de produits bio diminue le risque de cancer. Résultat : non. En revanche, manger des fruits et des légumes issus de l’agriculture bio ou conventionnelle est un facteur réel de baisse de ce risque !
On parie que François Veillerette et ses acolytes de Générations Futures ne vont pas faire part de cette étude sinon en trouvant un quelconque lien avec « l’agro-industrie ».
Peu importe, mangez équilibré !

Défaite de trois maires emblématiques de la lutte anti-OGM

Trois maires emblématiques de la lutte anti-OGM ont subi une cinglante défaite dimanche passé. Le premier est Jacques Olivier qui était aussi le seul maire écologiste vauclusien. Il se targuait d’avoir fait de sa commune – Le Thor – la première commune sans OGM. Son engagement était total puisqu’il a organisé six éditions de la « Faites sans OGM », grand-messe anti-OGM. En 2010, il avait accueilli l’assemblée générale des Faucheurs Volontaires et était vice-président de l’association nationale des communes sans OGM. Exit également le socialiste Guy Durand, maire de Millau et président de l’association nationale des communes sans OGM. Il s’était notamment vanté d’avoir donné la recette du « fauchage légal » d’OGM avec un modèle d’arrêté d’interdiction qu’il avait fait circuler. Même le soutien de José Bové n’a pas permis à Guy Durand de garder sa municipalité. Enfin, l’écologiste Jacques Muller, qui avait été une des figures de proues anti-OGM lors des débats sur la loi OGM en 2008, a perdu la mairie de Wattwiller. Le comble pour lui est sans doute d’avoir perdu face à Raphaël Schellenberger, attaché parlementaire de la sénatrice Françoise Boog, elle-même militante contre la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim…

 

Sources
http://www.laprovence.com/article/actualites/2816897/municipales-en-provence-ce-quil-faut-retenir.html
http://www.lemonde.fr/resultats-elections-municipales/le-thor,84250/
http://lespaniersmarseillais.org/Le-Thor-premiere-commune-sans-OGM
http://www.ladepeche.fr/article/2014/03/27/1849107-millau-la-campagne-vire-au-pugilat.html
http://www.ladepeche.fr/article/2008/06/03/457499-millau-donne-la-recette-du-fauchage-legal-d-ogm.html
http://www.lalsace.fr/actualite/2014/03/30/wattwiller-raphael-schellenberger-elu-plus-jeune-maire-d-alsace

Décryptage de la méthode de com’ de Générations Futures

Ces dernières années, avec son association Générations Futures (GF), François Veillerette a mis en place une stratégie de communication d’une redoutable efficacité, permettant à chaque fois de bénéficier d’une large couverture médiatique. Sa recette ? Concocter des « enquêtes Canada Dry » : « Ça ressemble à une étude scientifique, ça a le goût d’une étude scientifique… mais ce n’est pas une étude scientifique. » Son coup d’essai a été la publication en décembre 2010 de « Menus toxiques : enquête sur les substances chimiques présentes dans notre alimentation », puis l’année suivante de « Pesticides dans les aliments : analyses comparées d’aliments conventionnels et bios ». Vu le succès médiatique de ces deux « enquêtes », GF a décidé de récidiver avec un nouveau dossier environ tous les trois mois. Il n’est donc pas inutile de comprendre les principes essentiels qu’utilise GF pour garantir une couverture médiatique grâce à la présentation catastrophique des conclusions de ces « études » sur l’exposition aux produits chimiques. Ils se résument à trois règles :

Règle n°1 : faire croire que le discours catastrophiste repose sur des données factuelles sérieuses

Les dossiers de GF sont convaincants parce qu’ils reposeraient sur des données factuelles et non sur des préjugés idéologiques. Or, GF présente systématiquement des dossiers basés sur des données « sans valeur statistique ». Certes, il s’agit chaque fois d’analyses effectuées par des laboratoires sérieux. Sauf que ces données factuelles ne valent absolument rien ! Ce qu’admet d’ailleurs GF. Ainsi, dans chaque « enquête » apparaît une « mise en garde sur les limites de l’enquête ». Et GF d’expliquer que « cette enquête (…) ne prétend pas être parfaitement représentative (…) et ne prétend pas refléter exactement l’état moyen de la contamination (…) » Avant de terminer en reconnaissant : « Les résultats contenus dans ce dossier n’ont pas de valeur statistique significative au regard du faible nombre d’échantillons analysés, mais sont illustratifs de la problématique traitée. »

Le dossier sur l’exposition aux pesticides viticoles en est un flagrant exemple. Alors que GF a dénoncé les résultats « sans intérêts » de l’enquête Agrican sur la santé des agriculteurs qui portait sur 180.000 personnes, l’association de François Veillerette présente une étude comportant des analyses réalisées sur… 25 personnes ! A partir de ces chiffres « sans valeur statistique », Générations Futures affirme pourtant qu’il y a « 11 fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les salariés viticoles que chez les non professionnels habitant loin de vignes », « 5 fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les non-professionnels de la vigne habitants près des vignes que ceux habitant loin des vignes » et que « 74 % des pesticides actuellement autorisés sur vigne de la liste, établie pour l’enquête, et recherchés ont été retrouvés au moins une fois chez les personnes testées ».

Règle n°2 : communiquer sur le nombre de molécules différentes trouvées plutôt que sur la quantité totale de résidus ingérée

Dans « Menus Toxiques », Générations Futures affirme que chaque jour nos enfants avalent « 128 résidus chimiques dans la journée qui représentent 81 substances chimiques différentes ». Inutile de chercher dans ce que présente GF la signification toxicologique de ce chiffre. En revanche, GF mélange pesticides, nitrates et PCB, ces dernières substances représentants un tiers des 128 résidus. Et parmi les PCB, les « plus méchants » totalisent 0,002 μg, ou 2 nanogrammes (ng). Soit l’équivalent d’un seul cachet d’aspirine partagé entre le demi-milliard d’habitants qui peuplent l’Union Européenne ! Il n’y a donc, d’un point de vue toxicologique, aucun risque.

Règle n°3 : faire l’amalgame entre présence de résidus et danger

GF mélange habilement deux notions pourtant distinctes : présence de résidus et danger. Or, aujourd’hui, les instruments d’analyse sont tellement performants que l’on peut retrouver la trace de substances dans des quantités infinitésimales. Ainsi, une étude en 2008 a décelé la présence de résidus de cocaïne et de LSD dans l’air de Madrid et de Barcelone. Depuis, d’autres études ont démontré que 85 à 95% des dollars en circulation aux Etats-Unis portent des résidus de cocaïne, que l’air de huit grandes villes italiennes était « contaminée » par des résidus de cocaïne et de cannabinoïdes, ou encore que les dix livres les plus empruntés à la bibliothèque d’Anvers étaient « pollués » par des traces de cocaïne. Enfin, il existe aussi de nombreuses études démontrant la présence de nombreux résidus de stupéfiants dans les eaux usées et qui résistent aux processus d’épuration. Sommes-nous pour autant shootés par l’ingestion de ces résidus ? Evidemment non ! Présence ne veut pas dire danger…

Sources
http://www.forumphyto.fr/images/pdf/DocusPublics/2010/101216acta.pdf
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/11/17/97001-20131117FILWWW00204-de-la-cocaine-dans-les-livres-de-bibliotheque.php
http://fluctuat.premiere.fr/Societe/News/90-des-billets-de-banque-americains-ont-des-traces-de-cocaine-3226510
http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/spain/5324427/Cocaine-and-LSD-found-in-air-of-Spanish-cities.html
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749112003612
http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-des-egouts-et-des-drogues-11233.asp?1=1

 

Marie-Monique Robin n’aime pas qu’on lui parle du tabac

Invité à débattre sur France Culture au sujet de la pollution et des scandales alimentaires, Hervé Chneiweiss, le président du comité d’éthique de l’INSERM, a tenu à rappeler qu’il existe des causes de mortalités avérées et qui ne sont pourtant pas interdits. Notamment le tabac. « Chaque année en France 70.000 personnes décèdent du tabac. Le tabac n’est pas interdit. A chaque seconde, dans le monde, une personne décède du tabac (…) à chaque seconde, l’industrie du tabac engrange environ 10 dollars. Nous sommes donc face à des risques avérés. » On aurait pu s’attendre à ce que la journaliste Marie-Monique Robin, également présente lors de l’émission, félicite le célèbre neurologue de cette petite mise au point. D’autant plus que la journaliste revient visiblement très enthousiaste d’un séjour au Bouthan, ce petite « pays du bonheur » qui a totalement interdit la vente de tabac depuis 2004…

Et non. MMR s’est violemment emportée contre Hervé Chneiweiss : « Arrêtons avec cet argument du tabac (…) C’est l’argument de l’industrie que vous êtes en train de donner, Monsieur. C’est trop facile cet argument. Bien sûr que le tabac est un poison (…) Cet argument est vraiment éculé. Parlons sérieusement de qu’est-ce qu’on va faire pour protéger les générations futures de ces maladies qui endeuillent toutes les familles. »

Pour justifier cette très curieuse défense du tabac, MMR explique : « Moi, j’ai trois filles qui ont 17, 19 et 22 ans et moi je ne veux pas parce qu’elles mangent une pomme ou parce qu’elles achètent une boîte de conserve ou qu’elles se mettent un shampoing sur la tête – si elles fument, je leur dirai c’est pas bien pour votre santé – mais elles ne savent même pas ce qu’il y a dans les produits, elles ne savent même pas comment ça agit. Elles ont des copines qui ont un cancer du sein à 22 ans. Arrêtons de tout mélanger ! (sic) »

MMR donne ainsi l’impression que le problème du tabagisme se réduit à une question de choix : celui de fumer ou de ne pas fumer, alors que l’exposition aux produits chimiques toxiques serait en revanche non choisie.

Ainsi MMR n’évoque jamais le tabagisme passif in utero, pourtant l’un des plus graves problèmes de santé public. En effet, en France entre 17% et 24% (selon les études et les années) des femmes enceintes continuent à fumer pendant leur grossesse. Sur les dix dernières années, on estime qu’entre 1,4 million et 1,9 million de bébés ont été intoxiqués pendant leur gestation par le tabac. Sans l’avoir choisi, bien entendu. Hélas, ce tabagisme passif se poursuit souvent après la naissance. Or selon des études scientifiques, et outre les problèmes à court terme (retard de croissance, prématurité, anomalies du rythme cardiaque…), le tabagisme prénatal et l’exposition post-natale entraînent des effets néfastes sur les fonctions pulmonaires de l’enfant, une plus grande fréquence d’asthme, des risques accrus d’allergies alimentaires ainsi que certains cancers pédiatriques. Des études ont montré qu’une femme qui fume pendant la grossesse augmente le risque pour son enfant de développer un diabète de type 2 à l’âge adulte. Et une étude menée sur des écoliers en Allemagne a découvert que ceux dont la mère avait fumé pendant la grossesse étaient beaucoup plus susceptibles d’être en surpoids ou obèses que ceux dont la mère n’avait pas fumé pendant la grossesse.

Sources
http://www.franceculture.fr/emission-la-marche-des-sciences-pollutions-et-scandales-alimentaires-le-monde-moderne-nous-rend-t-il
http://alerte-environnement.fr/2011/03/03/marie-monique-robin-donne-de-sa-personne/
http://www.inpes.sante.fr/SLH/pdf/sante-action-423.pdf
http://www.europeristat.com/images/EURO-PERISTAT_Communiqu%C3%A9%20France-1.pdf
http://www.jolpress.com/article/sante-fumer-pendant-la-grossesse-peut-rendre-obese-votre-bebe-cigarettes-obesite-amygdale-aliments-gras-813219.html
http://www.stop-tabac.ch/fra/risques-et-maladies-liees-au-tabac/bebes-et-tabagisme-passif.html
http://www.arte.tv/sites/fr/robin/2014/03/17/au-pays-du-bonheur-national-brut/
http://cinix.over-blog.com/article-29499908.html

Le CRIIGEN admet avoir perdu « le lien de confiance »

« Le criigen travaille à restaurer son image et celle du Pr Séralini après les attaques diffamantes des lobbies et la censure de l’éditeur », peut-on lire dans un message qui circule dans les réseaux anti-OGM.

En clair : le CRIIGEN admet que son fameux coup de Com’ de septembre 2012, censé faire de Séralini le superhéros qui a sauvé l’humanité de la menace OGM, a totalement… foiré ! Lucide, l’association de Corinne Lepage ne peut que constater que « lien de confiance et l’image de sérieux du Criigen » en a pris un sacré coup. Et pour cause, la réfutation de l’étude du Professeur de Caen a été générale. Désormais qui peut croire aux études d’un « expert » mondialement disqualifié, sinon quelques adeptes amis ?

Parmi ceux-ci, certains ont déjà tenté de restaurer l’image du professeur caennais avec l’illustration ci-dessus, mais cela n’a pas convaincu grand monde jusqu’à présent…

Pollution de l’air : la faute surtout aux fourneaux à bois et à charbon

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de sortir une nouvelle estimation selon laquelle environ 7 millions de personnes sont décédées en 2012 en raison de la pollution de l’air. Cette information est reprise dans différents médias nationaux, l’accompagnant toujours – récents pics de pollution obligent – d’une photo de ville embrumée. Image trompeuse car, en fait, la majorité de ces décès n’est pas due à la pollution atmosphérique extérieure. Selon l’OMS, sur ces 7 millions de décès, 4,3 sont liés à la pollution de l’air à l’intérieur des maisons, due notamment aux modes de cuisson et de chauffage traditionnels au bois et au charbon. Comme l’explique le Dr Flavia Bustreo, sous-directeur général de l’OMS chargé de la santé de la famille, de la femme et de l’enfant : « Les femmes et les enfants pauvres paient un lourd tribut à la pollution de l’air intérieur, car ils passent plus de temps à la maison à respirer les fumées et la suie que dégagent les fourneaux à bois ou à charbon mal ventilés. » Mais cette pollution-là, qui touche davantage les populations pauvres, ne semble pas intéresser les écologistes. Il est vrai que ce n’est pas une pollution d’origine industrielle…

 

Sources
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2014/air-pollution/fr/
http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/03/25/la-pollution-de-l-air-a-cause-7-millions-de-morts-en-2012-selon-l-oms_4389025_3244.html
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/pollution-atmospherique-7-millions-de-deces-par-an-25-03-2014-1805244_57.php
http://www.leparisien.fr/environnement/la-pollution-de-l-air-a-tue-7-millions-de-personnes-en-2012-25-03-2014-3707219.php

Cannabis : le dossier s’alourdit

Dans son numéro de février, le magazine Ca m’intéresse fait le point sur les dernières études portant sur les effets du cannabis. Et ceux-ci sont de plus en plus connus : impacts sur la concentration et la mémoire, baisse du QI, résultats scolaires en baisse, augmentation de l’anxiété, troubles schizophrènes, dépendance , etc…Et « plus la consommation débute tôt (13-14 ans), plus les dégâts seront importants » affirme le magazine.
Et il se trouve encore des responsables politiques pour en demander la « dépénalisation » !

Etude Agrican sur les cancers en milieu agricole : rien de probant pour l’instant

Lancée en 2005 et devant se poursuivre jusqu’en 2020, l’enquête Agrican « agriculture et cancer » ne révèle pour l’instant rien de probant. C’est ce que déclare Pierre Lebailly (Inserm- Université de Caen) au journal Sud-Ouest à l’occasion d’une conférence donnée dans les Landes vendredi dernier.
« Pour l’instant, nous pouvons dire que, par rapport à la population générale, l’espérance de vie de la population agricole est supérieure, c’est confirmé. On peut l’expliquer en partie par le fait que ce sont des gens qui fument moins que les autres, notamment chez les plus de 50 ans (chez les plus jeunes, cette différence s’estompe). Les diagnostics des cancers des poumons, de la vessie et du pancréas sont inférieurs aux chiffres généraux. Le cancer du côlon et du rectum, c’est très net. »
[…] « Parmi les cancers suspectés en excès chez les agriculteurs, au stade actuel, nous en avons trouvé deux en excès dans la population Agrican : le mélanome, cancer de la peau, chez la femme, sans doute à cause d’une exposition supérieure au soleil. Un cancer du sang chez l’homme. Mais pour les autres cancers, les différences ne sont pas significatives.
Pour les cancers des poumons, l’utilisation de pesticides ne sort pas comme un risque pour l’instant. On a trouvé un facteur protecteur chez les éleveurs de bovins et de gros animaux : la manipulation de fourrages stimulerait les défenses immunitaires. Par contre, la récolte de pois fourragers entraînerait un excès de risque de ces cancers (poumons). En viticulture, pas de risque supplémentaire avéré. »
Avis aux « lanceurs d’alerte » professionnels et autres marchands de peur…