Le coup de gueule de la FNSEA

C’est en ces quelques mots que l’on peut résumer la déclaration des secrétaires généraux de la FNSEA sur le ras le bol de la profession.
« Entravés et critiqués dans l’exercice de leurs métiers, obligés de se justifier sur tout, les paysans français n’en peuvent plus. Leurs qualités, leurs formations, leurs volontés de bien faire sont occultées par l’exemple qui tue, le jugement rapide, ou la vindicte facile. »
[…].Basta. Voilà nous disons Basta ! Il y a des familles, des hommes et des femmes, des enfants, des humains tout simplement devant toutes ces attaques. TAPER sur l’agriculture est un privilège pour les grandes consciences et les petites cervelles. Les critiques permanentes ne tombent pas forcément dans la fosse à purin. Elles touchent, blessent, et font des ravages. Personne ne reste insensible à ces injustices insensées. Le regard du voisin se fait changeant. Les enfants d’agriculteurs à l’école ne sont pas épargnés par leurs camarades. La société se radicalise. Quel est l’objectif si ce n’est faire du mal peu ou prou gratuitement. »
Déclaration à lire entièrement ici et à diffuser évidemment.

Paris : Surenchère écolo à la mairie

Nous avons parlé ce matin de la mobilisation de NKM contre les perturbateurs endocriniens. Et voilà que le Conseil de Paris vient de proposer à la délibération des conseils d’arrondissements un vœu « confirmant l’orientation volontariste prise par la Ville de Paris pour réduire l’exposition des Parisiens aux polluants et substances néfastes pour la santé. »
Pour hasard ? Non surenchère politicienne entre l’actuelle maire et son opposante. Remarquons cependant que la marie de Paris semble remettre un peu de rationnel dans l’affaire, notamment en excluant les aliments comme le soja (connu comme perturbateur endocrinien) dans les cantines et crèches.

Et si NKM s’intéressait au chômage ?

L’ex candidate à la marie de Paris se mobilise contre les perturbateurs endocriniens. Bonne nouvelle pour les écolos bobos de la capitale ! Bio dans les cantines, surveillance de la qualité de l’air dans les établissements publics municipaux, etc., elle ne manque pas d’idée. Il semble pourtant qu’elle loupe l’essentiel, comme la prévention contre le cannabis, fumé autant dans les beaux quartiers que les plus populaires ou encore l’information sur la pollution « endocrinienne » causée par la prise de la pilule féminine. Tiens on préférerait que NKM sonne la charge contre le chômage, l’insécurité… Bref, qu’elle s’intéresse au quotidien des Français !

Isabelle Saporta ne connaît pas le droit à la défense

Le « docu choc » d’Isabelle Saporta « Vino business » sera diffusé ce soir sur France 3. En attendant, nous avons droit à un bon battage médiatique visant à ramener le plus possible de téléspectateurs …et de lecteurs pour son livre éponyme. La com’ d’Isabelle Saporta tourne depuis quelques semaines essentiellement autour des « pressions » qu’elle subirait ainsi que France 3 pour en annuler la diffusion. Une stratégie qui fonctionne toujours bien. Un exemple encore ce matin avec un article du Parisien : « Tous les étages de France Télévisions ont été contactés pour empêcher la diffusion du documentaire », nous précise-t-elle ». Sous l’appellation « pressions » , Isabelle Saporta désigne tout simplement la défense des professionnels incriminés. Et on les comprend, vu ce que la journaliste a déjà produit comme reportage à charge. Rappelez-vous le documentaire « Manger peut-il nuire à la santé ? » dans lequel, un pomiculteur s’était fait honteusement piégé par la dite journaliste.
Bref avec Isabelle Saporta, il faudrait qu’il n’y ait qu’une seule tête et pas un mot de protestation…

Le secteur du blé bio en constante dérogation. Et la sécurité du consommateur dans tout ça ?

Selon La France agricole, pour la deuxième année consécutive, Le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis) vient d’obtenir une dérogation à la norme carie pour les semences de blé tendre non traitées destinées à l’agriculture bio. Rappelons que la présence de spore de carie peut provoquer de sérieuses intoxications alimentaires.  Certes, la situation s’améliore (le nombre de spores autorisées, qui était de 100 spores pour la campagne 2013-2014, est passé à 20 spores pour cette campagne) mais cette dérogation rappelle les difficultés majeures de l’agriculture bio à respecter les normes sanitaires…pour garantir le risque zéro pour le consommateur final

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Pierre Rabhi, prophète de l’écologie ?

C’est un véritable petit paradis que nous a montré TF1 hier, celui de Pierre Rahbi, cet écolo sympathique dont nous avions déjà parlé il y a quelques semaines : enfants heureux, apprenant sans avoir l’air d’apprendre, des parents citadins retrouvant les joies de la campagne, un jardin plein de belles fleurs et de fruits savoureux, un domaine de luxe basant son succès sur le bio. Ajoutez à cela un brun d’anticapitalisme et voici la recette de notre sympathique écolo. Mais voilà, est-ce vraiment notre futur ?
A ce sujet, nous vous invitons à lire le décryptage de ForumPhyto « Pierre Rabhi : décroissant, gourou et… homme d’affaires »

Le climat risque de chauffer au prochain colloque de l’Artac

A l’occasion des 10 ans de l’Appel de Paris, l’Artac organise un colloque le 14 novembre à la Maison de l’UNESCO, avec comme thème principal : « Faire reconnaître les atteintes à la santé et à l’environnement comme crime contre l’humanité ». En regardant le programme préliminaire, on peut s’attendre à une ambiance assez tendue. L’Artac a en effet prévu de faire côtoyer dans le même événement le très médiatique climatologue Jean Jouzel et le statisticien Paul Deheuvels. Or, comme l’a souligné le journaliste Stéphane Foucart, Paul Deheuvels est un « climato-sceptique notoire » qui avait décerné en décembre 2010, « au nom du Club de l’Horloge (proche de l’extrême droite) », le prix Lyssenko de la « désinformation scientifique »… au climatologue Jean Jouzel ! Avant de « faire reconnaître les atteintes à l’environnement comme crime contre l’humanité », ce colloque devrait peut-être déjà établir qui est responsable de « désinformation scientifique », Jean Jouzel ou Paul Deheuvels ?
En attendant, on peut s’interroger sur cette erreur de casting. En fait, la présence du sulfureux Paul Deheuvels ne s’explique que par son soutien indéfectible à Gilles-Eric Séralini et à sa fameuse étude choc sur l’OGM NK603. Et comme par hasard, le CRIIGEN sera particulièrement bien représenté lors de ce colloque, avec Gilles-Eric Séralini, Corinne Lepage et Louise Vandelac. Bref, en échange du soutien de Paul Deheuvels à Séralini, Corinne Lepage est même disposée à oublier qu’elle traite habituellement de « négationniste écologique » ce type de scientifiques climato-sceptiques…

Sources

France 5 : la nouvelle TV officielle de la Confédération paysanne

Hier soir, une soirée devant le poste de télé à regarder le reportage « Elevage intensif Attention Danger ».  Que dire ? Le documentaire réalisé par Frédérique Mergey est clairement un film de propagande de la Conf’. C’est clair, net et revendiqué par la journaliste. Il n’y a même pas un minimum de retenu et cela en devient grossier.
France 5 est clairement à la disposition des thèses de ce syndicat. En juin, le documentaire « La guerre des graines » diffusé sur la même chaine développait déjà les idées et les conceptions de Guy Kastler, militant de la Conf’ paysanne sur l’amélioration végétale et la recherche (voir le bonus). Sur ce film, voir l’avis sans appel d’André Gallais ici.
La séance d’hier a été suivie d’un débat entre deux nutritionnistes :  Jérôme Bernard-Pellet, expert nutritionniste et végétalien qui en a profité pour sortir l’image des rats de Séralini pour appuyer sa démonstration sur le danger des OGM. En face, Jean-Michel Cohen qui a été très clair pour dénoncer la manipulation.

Si ce reportage est un brûlot contre notre agriculture, il discrédite surtout la France.

Le cirque rodé des “anti-tout”

Nous en avons déjà parlé il y a quelques jours , depuis le début du mois de septembre, le chantier de construction d’un réservoir d’eau sur le Tescou (Tarn) est rentré dans sa phase opérationnelle. Après Notre Dame des Landes et sa ZAD (zone à défendre), les anti-tout se sont mobilisés pour empêcher les travaux avec pour objectif un abandon définitif du projet. Faut-il rappeler que celui-ci a reçu tous les feux verts ?
La tactique des anti-tout est simple : une force qui mène une guérilla dans la durée sur le terrain et les négociateurs (EELV, Confédération paysanne, etc.) qui rappellent le ban et l’arrière ban des militants écolos pour obliger la ministre de l’écologie à se positionner contre le projet. Et un classique dans ce type d’opération : une grève de la faim est lancée.
Ajoutons que le site Reporterre a ses envoyés spéciaux sur place et participe activement à la mobilisation, carte de presse à la main.
Nouvelle annonce hier : Ségolène Royal a désigné avec l’accord du Président du Conseil général du Tarn (!!!) deux médiateurs. Il apparait clairement que cette décision ne sera pas jugée satisfaisante. Il faut s’attendre à la poursuite de l’action jusqu’à l’obtention d’un arrêt des travaux. L’évacuation musclée du Conseil général va raffermir la volonté d’en découdre et les actions spectaculaires (avec des mises en scène)  sont en préparation. Bien entendu d’ici quelques jours, on ne parlera pas de moratoire du côté des pouvoirs publics, mais de concertation, de médiation etc. Mais l’objectif de la phase 1 du projet des anti tout sera atteint : l’arrêt du chantier. Un préalable pour reprendre le travail de sape et aller vers un abandon total.
Bref, une bonne pièce de théâtre ou plutôt un cirque où la fin est peut être écrite d’avance.
NB : la dernière déclaration de la ministre sur le dossier ne va pas rassurer la profession agricole :
« En déplacement à Rochefort (Charente-Maritime) le 7 septembre, Ségolène Royal a demandé à ce que le Conseil général du Tarn « vérifie que les conditions que le ministère met sur les retenues de substitution soient remplies ». La ministre « sera particulièrement attentive à ce que le projet permette d’assurer une gestion durable de la ressource en eau et ne participe pas au développement d’une agriculture intensive », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

La fin de la déclaration « ne participe pas  au développement de l’agriculture intensive » indique clairement aux anti-tout que leur but est pratiquement atteint.

Le problème d’Isabelle Saporta, c’est qu’elle parle…

« Vino Business », le documentaire « choc » d’Isabelle Saporta avait droit à toutes les louanges médiatiques avant même sa diffusion le 15 septembre sur France 3. Toutes, et bien non, le Point a osé publier aujourd’hui un article de Jacques Dupont, initiant une véritable critique du documentaire de la journaliste star des écolos.
Ça commence fort : « Le problème d’Isabelle Saporta, c’est qu’elle parle… Et qu’elle le fait comme dans son bouquin avec toujours ce souci de souligner façon Coluche : « Je m’énerve pas, Madeleine, j’explique aux gens ! » »
Et Jacques Dupont de rappeler la réalité sur quelques pratiques du monde vinicole bordelais…qui n’ont pas grand-chose à voir avec ce que Isabelle Saporta en déduit.
Exemple : « Pourquoi accabler le pauvre James Sukling, déjà (auto)rincé dans le Mondovino de Nossiter, simplement parce qu’il demande une seconde bouteille d’un château Machin qui lui paraît un peu plat ? Rien de plus normal dans une dégustation, si l’on a un doute sur un échantillon, que de demander son double. C’est l’inverse qui serait honteux : juger sur un défaut qui est peut-être exogène au vin lui-même, un défaut de bouchon, par exemple. »
Autre exemple avec l’assemblage des vins : « Pourquoi aussi présenter une séance d’assemblage comme une sorte de réunion d’alchimistes où l’on « fabriquerait » le vin sous le patronage de l’enchanteur Merlin ? Chaque année, dans tous les domaines, du plus modeste au plus huppé, on procède à l’assemblage. »

Finalement, Jacques Dupont ne fait que constater ce que nous avions déjà dénoncé : le montage en épingle (voir la déformation) de pratiques tout à fait normales pour la profession et aucunement répréhensibles du point de la vue de la loi…et de la morale. Une technique médiatique aussi vieille que les premiers docu-chocs.
Bref, rien de nouveau sous le soleil bordelais !

Faut-il supprimer le conseiller scientifique de la Commission Européenne ?

A lire ce billet de Sylvestre Huet sur le  blog Sciences2 de Libération sur la question « Faut-il supprimer le conseiller scientifique de la Commission Européenne ? » qui agite depuis quelques semaines les mouvements écolo. Accusée d’être pro-OGM et industrie de l’agro-chimie, son occupante est déjà depuis quelques temps la cible des ONG. Et comme celles-ci n’y vont pas à moitié, elles demandent purement et simplement la suppression de son poste. Sylvestre Huet a le mérite de remettre les choses au clair quitte à être lapidaire : « Pendant plusieurs années, l’action d’Anne Glover n’a pas suscité grandes réactions. Puis, deux sujets ont tendu l’atmosphère: les plantes génétiquement modifiées et les perturbateurs endocriniens. Dans un premier temps, des ONG ont réclamé sa démission. Puis la suppression du poste, dans une lettre à Jean-Claude Juncker, prétendant que le «mauvais conseil» provient non d’un mauvais choix personnel de la conseillère mais du poste lui-même qui, étant unique, comporterait per se l’incapacité à élaborer un conseil reflétant les incertitudes ou les pluralités possibles de la science. Un argument qui aurait été valable s’il avait été émis en 2009… et à chaque fois qu’Anne Glover a pu donner un «conseil» correspondant aux désirs de ces ONG, par exemple sur le climat. Et surtout pas lorsqu’il vient après des accusations totalement infondées, comme celle de Corinne Lepage ayant stigmatisé Anne Glover comme ancienne employée de la firme Monsanto lors d’une conférence de presse (l’ancienne ministre a ensuite présenté ses excuses). »
Pour résumer, quand ça va dans le sens des ONG, aucun problème mais quand Anne Glover va à leur encontre, on veut  supprimer son poste.
Et Sylvestre Huet de rappeler le rôle indispensable de ce type de conseillers à qui cependant l’on prête un pouvoir qu’ils n’ont pas. « Les protestations quant au principe même du poste sont peu crédibles, car elles ne sont exprimées que lorsque le conseil (réel ou supposé) déplait. Surtout, il vaut mieux un conseiller scientifique officiel, dont le travail est relativement connu et transparent (même si ses conseils ne sont pas nécessairement publics), qu’un conseiller occulte ou simple membre du cabinet. On a attribué à certains conseillers de l’Elysée des pouvoirs d’influence très importants sur des décisions (nominations, financements…). »

Pour un lecture complète :http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2014/09/conseiller-scientifique-du-pouvoir-politique.html

Une nouvelle ZAD dans le Tarn

Vous aviez connu la  ZAD (Zone à défendre) de l’aéroport de Nantes, voici celle de Sivens dans le Tarn, où les pouvoirs publics prévoient de construire un barrage pour assurer l’irrigation de cultures de la vallée. Mais voilà, bien que les habitants des environs y soient favorables et que toutes les précautions environnementales soient prises, les écolos n’en démordent pas, en cela soutenu par l’éternel José Bové. Barricades, tracteurs, tout est fait pour empêcher les travaux. Et comme pour Notre Dame des Landes, des individus plus que douteux appartenant à la sphère alter’ ont fait leur apparition. La maire de Lisle-sur-Tarn, Maryline Lherm, favorable au projet, a appelé au calme, mais concentré ses critiques sur les opposants : « Les riverains sont excédés par les agissements d’individus violents, cagoulés (sic) et armés », souligne-t-elle, en précisant que « les habitants des communes concernées se sont exprimées par écrit ou oralement dans le cadre de l’enquête publique, et cela de manière majoritairement favorable » au barrage.
Le dernier mot à Bernard Lannes, président de la Coordination rurale : « Nous en avons marre que les intégristes de l’écologie nous dictent des règles contraires à nos contraintes de production. Pour eux, irrigation = maïs = pesticides = OGM. Donc ils disent : “Il faut couper l’eau.” Avec de telles personnes, nous ne pourrions plus construire les barrages réalisés par nos grands-parents après-guerre pour produire de l’électricité. »


Des changements sur mesure au Haut Conseil des biotechnologies!

Le journal officiel vient de publier un décret modifiant la composition du comité économique, éthique et social (CES) du Haut Conseil des biotechnologies (HCB). Le site actu-environnement fait une présentation complète de ce décret, notamment le lien créé avec l’ANSES sur le volet sanitaire des avis du HCB concernant les demandes d’autorisation de denrées alimentaires génétiquement modifiées et d’aliments génétiquement modifiés pour animaux.

Il est prévu également un élargissement du nombre de membres du CEES avec une nouvelle répartition. Cela ne changera pas forcement la teneur des débats. Les blocages sur des bases idéologiques risquent donc de perdurer. Le plus surprenant est la création d’un représentant sous l’intitulé suivant : « un représentant des organisations professionnelles des agriculteurs producteurs de leurs propres semences »

Il y a de quoi s’interroger : A quelles organisations professionnelles ce décret réfère-t-il ? Et surtout quelle est la pertinence de la création de ce représentant ? Ces producteurs sont déjà représentés via les organisations professionnelles agricoles (6 postes).

Ce nouveau poste avec cet intitulé semble être créé sur mesure, non pas pour la FNSEA qui en toute logique, devrait le recevoir, le syndicat étant certainement majoritaire chez les agriculteurs produisant leur propres semences.

Pour qui Alors ? Devinez! C’est notre jeu concours de la rentrée.

OGM ou gaz de schiste : il faut choisir…

Gros problème de conscience en perspective pour nos amis écolos : la nomination de Donald Tusk, jusque-là premier ministre de la Pologne, comme président du Conseil européen. Pensez-donc, Donald Tusk est anti OGM… et pro gaz de schiste. Equation impossible pour les écolos : il n’entre dans aucune case.  Alors soutien, pas de soutien ? Les débats risquent d’être âpres et il sera intéressant d’en voir l’issue. Faut dire que depuis quelques années, la Pologne et la Hongrie ont élus des dirigeants conservateurs souvent anti-OGM mais à l’opposé de l’idéologie libertaire des verts. Au risque de faire chauffer leur logiciel bien rodé. Conséquence, ceux-ci s’expriment très peu sur la politique agricole et environnementale de nos voisins de l’est. Il ne faudrait quand même par avoir à féliciter des ultra-conservateurs pour leur politique…

Les abeilles intoxiquées… par la propagande écolo

Depuis le début de la saison apicole, on assiste à une recrudescence des opérations sur la question des surmortalités des abeilles. Le site actu-environnement en a fait un condensé avec l’essentiel des chiffres publiés.

Force est de constater que toutes ces communications catastrophistes sont basées sur des chiffres n’ayant aucune base scientifique. Le monde agricole habitué à des évaluations statistiques  régulières des différentes productions ne les prend donc pas trop au sérieux. Sauf quand ceux-ci renforcent justement un sentiment hostile au sein de l’opinion publique.

La dernière communication émanant de la Confédération Paysanne le 26 aout dernier commence fort « Des pertes de production de 50 à 80% dans de nombreuses régions, une mortalité des ruches qui s’accélère… »

Une question simple : ces chiffres sortent d’où ? On nous parle de moins de 15000 t de production. Ce chiffre est régulièrement avancé depuis plusieurs années comme étant une estimation moyenne de la production. Mais en réalité, il n’y a aucun chiffre sur la production de miel, sauf des estimations au doigt mouillé. Quant à la perte de production de 50 à 80 % variable selon les régions, il est impossible de l’estimer car il n’y a aucune enquête ou évaluation de production. Les chiffres issus de différents audits ne sont que des estimations.

Bref une communication alarmiste pour justifier une nouvelle fois une communication anti-phyto, même si le Président de l’Unaf doit reconnaître que la météo n’a pas été favorable.

« La plupart des floraisons précoces ont été « littéralement grillées par le vent et les fortes chaleurs de juin (…). Les conditions météo y sont évidemment pour quelque chose, mais la très longue rémanence des pesticides néonicotinoïdes dans le sol, accumulés depuis des années, peut aussi être incriminée », a de nouveau mis en cause Olivier Belval. Selon l’Unaf, la mortalité des colonies (en hiver, printemps et été) liée aux pesticides avoisinerait les 30% en France. »

Ce chiffre de 30 % de mortalité liées aux pesticides est une pure invention de l’UNAF sans aucune base scientifique mais qui est repris allégrement par la presse.

Le Groupe Bayer par un communiqué  s’appuyant sur les données fournies par l’association COLOSS  considère que la mortalité hivernale a été moindre et que les néonicoitinoides sont hors de cause. Bien évidemment, la presse française n’ira plus loin dans cette étude. Elle pourrait remarquer que la France a été incapable de fournir un chiffre de mortalité en 2014. La France championne de l’intox par les chiffres est en effet incapable depuis de nombreuses années de fournir au réseau européen des éléments crédibles. Il est vrai que c’est beaucoup plus simple pour la profession apicole pour justifier ces délires anti phyto.

La seule étude sérieuse sur les mortalités hivernale en France est faite par la chambre d’agriculture d’Alsace qui constate une mortalité hivernale 2013/14 inferieure à 10% (la norme d’une situation normale). Une autre source d’information sur la situation apicole que l’on peut qualifier de sérieuse vient d’une communication de la FRSEA Languedoc appuyée par l’ADAPRO-LR datant de début août. Celle-ci fournit une estimation de baisse de production de 50 %.

la perte moyenne de 50% de la production régionale de miel », occasionnée par « les aléas climatiques de 2014, précédés de deux ou trois années de difficultés ». Soit un manque à gagner « d’environ 10 millions d’euros ». Les apiculteurs pointent les impacts de la sécheresse (« carence en nectar et en pollen due à un printemps trop sec »), des parasites varroa et cynips du châtaignier (« le châtaignier constitue les plus gros volumes du miel régional »), du frelon asiatique, prédateur des abeilles, des « intoxications et maladies ».

Le plus intéressant dans ces quelques lignes est le début d’analyse sur les causes, où le dossier phyto est remis à sa juste place. Il serait plus intéressant que la Confédération paysanne ou l’Unaf se positionne sur la disparation des châtaigneraies à cause du cynips, sur l’absence de traitements contre le varroa chez de nombreux apiculteurs y compris professionnels…

Quant aux pouvoirs publics, ils nagent volontairement dans cette absence de chiffres validés tant sur la production, que sur les mortalités, … Il serait intéressant qu’un parlementaire au lieu de poser une énième question sur l’impact des néonicotinoïdes interroge Stéphane Le Foll  sur le nombre de ruches en France : «  La déclaration des ruches a été rendu obligatoire par le grenelle de l’environnement. A ce jour, Monsieur le ministre, combien de ruches sont déclarées auprès de vos services ? »

Pour mémoire, le ministère de l’agriculture avait donné une estimation supérieure à 1 300 000 aux autorités communautaires (règlement apicole). L’audit réalisé en 2012 de la filière reportait les chiffres 2010 de la DGAL : 23 610 Apiculteurs pour 637 855 ruches.

Avec les chiffres de mortalité annoncés par la profession apicole, le nombre de ruche en 2014 doit être en dessous de 500 000 ruches.

Canal + : une rentrée sur le mode « terreur alimentaire »

Pour sa rentrée, la chaîne cryptée a décidé de frapper fort avec la diffusion en prime le 1er septembre d’un documentaire exploitant (une fois de plus) les angoisses alimentaires. Intitulé « Bientôt dans vos assiettes… (de gré ou de force) », il est présenté ainsi : « Il y a quinze ans, des firmes agrochimiques comme l’Américain Monsanto nous promettaient une révolution agricole high-tech. Leurs organismes génétiquement modifiés (OGM) devaient améliorer le rendement des récoltes et éradiquer la faim dans le monde. Quinze ans et quelques polémiques plus tard, que reste-t-il de ces promesses ? La faim dans le monde est toujours là. Quant aux rendements des récoltes, ils ont effectivement augmenté. Mais à quel prix ? »

On peut s’attendre au pire parce qu’il semble bien que ce documentaire ait été conçu et réalisé en étroite collaboration avec les associations anti-OGM. Pour preuve, Benjamin Sourice de l’association Combat Monsanto et chargé de communication et relations extérieures pour le CRIIGEN depuis mars 2014, se vante sur twitter d’avoir reçu début août une copie de ce docu. De plus, il s’agit d’une récidive puisque le producteur de ce film, Paul Moreira, avait déjà été à l’origine d’un autre documentaire controversé sur les OGM en 2005, intitulé « OGM, l’étude qui accuse ». En 2007, la lettre Agriculture & Environnement avait fait un excellent décryptage de cette « manipulation médiatique » (voir ici). A lire, en attendant celle de la prochaine rentrée…

 

Sources

 

« Que tous les ministrables #eelv éteignent leur portable »

Le tweet de Sandrine Rousseau, porte parole d’Europe Ecologie Les Verts n’est pas passé inaperçu ! Alors que Manuel Valls a été confirmé ce matin par le Président de la République après avoir présenté la démission de son gouvernement, le casse tête politique se complique un peu plus pour le Premier Ministre. « Bon Ben on va finir par faire un shadow gouvernement de gauche et écologiste si Hamon sort du gouvernement » a ajouté sur Twitter Sandrine Rousseau, résumant bien la situation délicate de Manuel Valls qui sait qu’après avoir composé son nouveau gouvernement qui sera annoncé demain, il devra encore passer l’épreuve de l’Assemblée nationale qui doit voter sa confiance. Sans les communistes, les Verts et la gauche du PS, cela se complique sérieusement.

Du côté du Ministère de l’Ecologie, le changement ne devrait pas être au rendez-vous. Ségolène Royal a d’ailleurs pris soin ce matin d’éviter soigneusement toute polémique : « Je ne ferai aucun commentaire qui alimenterait la petite histoire du remaniement alors que la grande histoire de l’avenir du pays est en marche. Et c’est à elle que nous devons nous consacrer. (…) « Le travail continue. Mes équipes sont au travail. Ma conviction profonde, c’est que la France a les moyens de s’en sortir, d’avancer, de renouer avec la croissance. On le voit d’ailleurs dans les secteurs technologiques les plus en pointe, comme celui où nous nous trouvons, dans le domaine de l’énergie. » Cette déclaration laisse donc présager qu’elle sera probablement reconduite dans ses fonctions demain.

Voilà en tous les cas une rentrée sur les chapeaux de roue. A suivre demain…

EELV : le libertarisme avant l’écologie ?

Pourquoi les écolos sont-ils aussi impopulaires, y compris…parmi les écolos ? Sans doute parce qu’ils s’occupent de tout, sauf d’écologie. L’association Contribuables associés, dont nous parlions dans notre précédent billet, publie également dans son numéro de septembre des « enquêtes du contribuable », une analyse intéressante de Fabrice Durtal « Pourquoi les verts préfèrent le sociétal à l’écologie ». Opposition à l’expulsion de la jeune Léonarda, parti pris pour les Roms, les sans-papier, forte proximité avec le lobby LGBT, promotion du cannabis, lobbying pour la légalisation de la PMA pour les couples homosexuels, etc. Sur ce dernier point, il est d’ailleurs intéressant de voir à quel point tout débat interne à EELV est quasiment interdit. Rappelez vous José Bové exprimant des doutes sur la question. Aussitôt, levée de boucliers de la part de quasiment l’ensemble des responsables EELV : « José, visiblement, t’es fatiguée, va te reposer ! ». Et pourtant, José Bové, pour une fois, faisait preuve d’une certaine cohérence….

Quelle différence donc entre le Front de Gauche et EELV ? On cherche…

Delhaize rappelle des lots de viande de poulet bio

Pour ceux qui estiment que le bio, c’est tout beau…

La société Delhaize rappelle les produits « chipolata de poulet biologique » et la « viande de poulet assaisonnée bio » de la marque Delhaize, en raison de la présence de salmonelles dans ces produits, indique l’entreprise dans un communiqué. Des analyses de contrôle de qualité ont révélé la présence de salmonelles dans la « chipolata de poulet biologique » et la « viande de poulet assaisonnée bio » de la marque Delhaize, dont la date limite de consommation est le 22/8/2014. 

En concertation avec l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA), l’entreprise a décidé de rappeler ces produits. Delhaize a entre-temps retiré de ses magasins tous les produits concernés. Saluons l’esprit de responsabilité de l’entreprise.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/1999653/2014/08/20/Delhaize-rappelle-des-lots-de-viande-de-poulet-bio.dhtml